Pourquoi la langue arabe fait peur

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Pourquoi l’arabe est-il une langue mal aimée en France ? Pourquoi n’est-il pas vu comme un atout et reste-t-il associé à une pléthore de préjugés négatifs ? Mediapart a interrogé le journaliste Nabil Wakim, auteur de L’Arabe pour tous : Pourquoi ma langue est taboue en France.  

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À intervalles réguliers, l’apprentissage de la langue arabe fait polémique. Emmanuel Macron en a même parlé dans son discours visant à lutter contre le séparatisme.

Le journaliste du Monde Nabil Wakim a, lui, perdu sa langue maternelle, l’arabe, parlé par quatre millions d’arabophones en France. Né à Beyrouth au Liban en 1981 et arrivé en France à l’âge de 4 ans, il s’exprimait pourtant dans la langue de Naguib Mahfouz. Puis il l’a oubliée. C’est cette quête identitaire, aussi intime que politique, que nous raconte Nabil Wakim dans un très beau récit-enquête baptisé L’Arabe pour tous : Pourquoi ma langue est taboue en France (Le Seuil). 

Il s’interroge alors sur la difficulté de s’approprier sa langue maternelle en France à cause des préjugés qui lui sont accolés. Il dévoile aussi cette honte de ne pas pouvoir converser avec sa grand-mère restée au Liban et sa volonté soudaine de transmettre cet héritage linguistique. Cette interrogation pousse Nabil Wakim à réfléchir sur lui. « En fait, le “bon Arabe”, c’est moi. Celui qui n’a pas l’air trop arabe. Celui qui ne parle pas l’arabe. »

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