Zéro de conduite: «Quand je serai grande, je changerai tout»

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Dans les temps difficiles, les belles histoires sont là pour redonner des forces. Les aventures de la petite héroïne de la romancière allemande Irmgard Keun, écrites alors que les nazis étaient au pouvoir et publiées en 1936, nous rappellent à la joie virulente de l’enfance et de la révolte.

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Pendant la Première Guerre mondiale, à Cologne, une petite fille que les autres enfants n’ont pas le droit de fréquenter écrit à l’empereur : « Je lui parle du tableau qu’il y a dans la grande salle de notre école et sur lequel est écrit : “J’ai donné de l’or pour du fer.” Ce sont les femmes qui sacrifient leurs alliances et leurs longs cheveux qu’elles ont coupés sur l’autel de la patrie. Ma mère veut garder son alliance à tout prix, mais moi j’aimerais bien couper mes cheveux très courts, ils ne font que me gêner. Je les offrirais bien volontiers à l’empereur, mais il n’y en a pas beaucoup et d’ailleurs, qu’est-ce qu’il en ferait ? Quand il aura une grande collection de cheveux, il y en aura toujours quelques-uns qui tomberont dans ce qu’il mange. »