Hantés par la mémoire

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La revue Esprit a déjà travaillé les thèmes de la mémoire et de la violence historique. Elle ne l’a pourtant jamais fait sous l’angle original et fécond de la « post-mémoire », cette mémoire souterraine et énigmatique, à la fois intime et collective, qui caractérise la transmission d’un traumatisme historique à des générations qui ne l’ont pas vécu.

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Quelles sont les voies secrètes qu’un traumatisme historique emprunte pour se perpétuer et maintenir ses effets chez les descendants des personnes qui l’ont subi ? Comment peut-il se frayer un chemin sur plusieurs générations et resurgir, sous forme de troubles psychologiques (anxiété, cauchemars, reviviscences, etc.) ou bien sublimé dans des expressions culturelles (recherches historiques, œuvres d’art, engagements politiques, etc.) ? Sommes-nous les gardiens du passé de nos ancêtres ? Les disparus sont-ils condamnés à être des revenants ? Comment pouvons-nous accueillir le souvenir de la violence historique en ménageant nos capacités de pensée, d’action et de création ? L’urgence de ces interrogations tient au constat sombre de la multiplication des génocides et des catastrophes collectives à la fin du XXe siècle et en ce début de XXIe siècle.