Portables: «Le discours misérabiliste cache une idéologie néo-coloniale»

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Dans un opuscule de 80 pages, Mythologie du portable, Laurence Allard démonte les récits tenus sur le téléphone mobile en montrant comment le discours misérabiliste cache souvent une idéologie néo-coloniale.

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En 1957, les éditions du Seuil publiaient Mythologies, un recueil d’une cinquantaine d'articles dans lequel Roland Barthes montrait comment une époque construit son imaginaire à travers ses représentations des objets qu’elle fréquente. Des croisières sur le Batory, de prêches de Billy Graham au Vel’ d'Hiv, des poèmes de Minou Drouet, il ne reste plus grand-chose aujourd’hui, mais les Mythologies, elles-mêmes, sont devenues une façon de raconter la «doxa» – pour reprendre l’expression de Barthes, soit «l’opinion publique, l’esprit majoritaire, le consensus petit-bourgeois, la voix du naturel, la violence du préjugé». L’ouvrage a laissé toute une postérité de sémiologues déconstruisant l'idéologie qui s'interpose devant le réel et s'y immisce jusqu'à le contaminer. Et plus récemment, par un détour américain, il s'est incarné dans la mode horripilante du «storytelling», manière de mise en récit systématique de l'action politique.