Ces livres qui ne se laissent pas oublier

«Faites infuser davantage», écrivait Henri Michaux : avant l'avalanche annuelle, dite «rentrée littéraire», retour sur quelques-uns des livres 2010-2011 que nous avons aimés. Le temps de l'été est aussi celui des lectures.

Dix hypothèses pour expliquer le phénomène Oksanen et le succès de «Purge»

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Sofi Oksanen © Toni Härkönen/Stock Sofi Oksanen © Toni Härkönen/Stock

Purge apparaît comme le phénomène littéraire de l'année: un texte dense, poétique et politique, une auteur finlandaise inconnue, un sujet complexe (les frontières géographiques, intimes et historiques de l'Ouest et de l'Est), emportent une adhésion unanime du public et de la critique. «Si vous ne devez lire qu'un seul livre cette année, ce serait celui-là.» Pourquoi ?

«D'acier», le roman d'une Italie sans futur

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Retour sur l'un des plus beaux romans étrangers de l'année: D'acier, qui apparaît comme un renouveau de la littérature italienne. Rencontre avec Silvia Avallone, qui parle sans détour de l'Italie de Berlusconi, d'une jeunesse sacrifiée, des rêves creux que véhicule la télévision, d'un pays que l'on pourrait presque qualifier de «médiéval». Entretien et extraits audio.

«L'homme qui aimait les chiens» et tua Trotski

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Ramon Mercader, en Espagne © DR Ramon Mercader, en Espagne © DR
Onze années d'exil, de vengeance, de traque, la trans- formation d'un jeune combattant anti- franquiste en assassin de Trotski téléguidé par Staline. De Moscou à Cuba, les grandes désillusions. L'Homme qui aimait les chiens, de Leonardo Padura, est aussi un grand roman sur la peur.

«Le Dépaysement» de Bailly, l'invisible de la France

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Roulant, marchant, observant, Jean-Christophe Bailly s'est attelé à l'«instantané mobile» de la France d'aujourd'hui. Profondément subversif et savant, amical et sans complaisance, donc. Et succès: les lecteurs s'embarquent en nombre dans ce livre qui nous invite à apprendre sur nous-mêmes, à voyager dans l'étrange familiarité.

Janet Frame, vers les autres étés

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 © DR © DR

A 20 ans, Janet Frame entre en hôpital psychiatrique, va y subir plus de 200 électrochocs, échapper de peu à la lobotomie. A sa mort, en 2004, elle a figuré deux fois sur la liste du Nobel. Une œuvre lucide, bouleversante au sens premier, cruelle, que, à l’heure où entre en application la loi régressive sur l’obligation de soins, tout psychiatre en devenir et tout législateur devraient avoir, eux, l’obligation – et le plaisir – de lire.