Les plaies à vif de l’économie coloniale

À quoi, à qui servent ces territoires qu’on appelle parfois « les confettis de l’empire » ? Répartis sur deux océans, dans les deux hémisphères, les départements d’outre-mer, Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion et Mayotte sont réputées « coûter cher » à la France, depuis toujours « sous perfusion » voire « dans l’assistanat », et constituer des poches de « sous-développement » archaïques.

Acquises et façonnées par la France dans le contexte de l’économie esclavagiste, les « vieilles colonies » sont maintenues au XXIe siècle dans le carcan de l’économie de comptoir. Les conséquences sont financières, sociales, sanitaires mais aussi judiciaires, morales et même psychologiques. Elles concernent les peuples antillais, mahorais, réunionnais mais aussi et surtout le peuple de France. Au nom duquel la justice y est rendue, comme ailleurs sur le territoire national.

« L’octroi de mer », un impôt colonial qui a de l’avenir

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Au cœur des critiques contre « la vie chère », l’octroi de mer est une taxe spécifique aux Dom : elle s’applique sans discontinuer depuis 1670 et vient d’être prolongée jusqu’en 2027 par le Parlement européen. Premier volet de notre série sur les conséquences contemporaines de l’économie coloniale.

En outre-mer, une caste patronale et des lobbys tout-puissants

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Ils ont table ouverte dans les lieux de pouvoir de Paris à Bruxelles, façonnent la politique économique des Dom et sont à la tête d’empires financiers sur tous les océans : les békés et le groupe martiniquais Bernard Hayot ne cessent d’étendre leur emprise. 

L’empoisonnement au chlordécone, une machination aux conséquences dramatiques

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Après le café, les épices et la canne à sucre, les bananeraies sont désormais partie intégrante du paysage martiniquais. © JS Après le café, les épices et la canne à sucre, les bananeraies sont désormais partie intégrante du paysage martiniquais. © JS

Sols, embouchures de rivières, plages : aux Antilles françaises, tout a été dévasté par le pesticide cancérogène utilisé pour éradiquer un ravageur qui menaçait les bananeraies. L’administration en a autorisé l’épandage, préférant la survie de l’économie de plantation à celle de la population.