Egypte, la révolution «invisible»

Torture, prisonniers politique, déclaration constitutionnelle inattendue... En Égypte, moins de deux mois après le départ de Moubarak, l’armée est-elle déjà en train de siffler la fin de la récréation? Si la révolution égyptienne a libéré la parole des Égyptiens, amorcé de nouvelles de dynamiques au sein des organisations politiques, fait émerger une jeunesse en quête de modernité au sein des Frères musulmans, les difficultés économiques se sont accrues. Et la permanence des cadres de l'ancien régime, au Caire ou en dehors, pousse elle, les Egyptiens a souhaiter que la révolution entre véritablement dans sa deuxième étape, qui n'est pas encore effective. Reportages et enqûetes de notre envoyé spécial.

À Tanta, au cœur du delta du Nil, «la révolution invisible»

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 © PP © PP

Avec quels yeux faut-il regarder une révolution ? Ceux d'un vieil homme, chrétien, marchand d'acier depuis 1952, pour qui l'Egypte est «entrée dans une période éclairée de son histoire» ? Ou plutôt ceux du tout jeune dentiste musulman, fils de militaire, pour qui «rien n'a vraiment changé»? Moins de deux mois après la chute de l'ancien président Moubarak, Mediapart est allé s'immerger à 100 kilomètres du Caire, à Tanta, huitième ville d'Egypte. Reportage, en six portraits, de notre envoyé spécial.

En Égypte, la révolution est-elle déjà trahie par l’armée?

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L'ancien siège du PND et le musée du Caire vus de la place Tahrir, mars 2011 © PP L'ancien siège du PND et le musée du Caire vus de la place Tahrir, mars 2011 © PP

Des dizaines de milliers d’Egyptiens se sont rassemblés vendredi sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, afin de «sauver la révolution.» Depuis la mi-mars, plusieurs témoignages de torture d’activistes par les militaires sont mis en ligne sur Facebook et YouTube. Le nombre croissant de condamnations par des tribunaux militaires inquiète les organisations de droits de l’homme. Six semaines après le départ de Moubarak, l’armée est-elle déjà en train de siffler la fin de la récréation? De notre envoyé spécial au Caire.

En Egypte, avec la jeunesse des «Frères», est-ce la fin de l'islam politique?

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Une partie de la jeunesse issue des Frères musulmans se détourne aujourd'hui d'une organisation qu'elle juge trop hiérarchisée, menée par une direction autiste, pour rêver d'une organisation musulmane et libérale, plus féministe, traitant séparément les questions politiques et religieuses. Est-ce une tendance de fond, ou le miroir déformant de jeunes issus de la classe moyenne supérieure? Enquête de notre envoyé spécial au Caire.

Au Caire, «le début de la vie nouvelle»

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Imane et Ayadi, après le passage dans l'isoloir © PP Imane et Ayadi, après le passage dans l'isoloir © PP
77% de «oui», c'est le résultat du référendum sur la constitution organisé samedi en Égypte. Pour le premier scrutin depuis la chute du président Moubarak, les Égyptiens se sont massivement rendus aux urnes dans l'enthousiasme général. Reportage dans trois bureaux de vote du Caire.

Egypte : le référendum, premier pas vers la démocratie?

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Les Égyptiens doivent se prononcer samedi sur les amendements apportés à la constitution. L’ensemble de l’opposition, à l’exception notable des Frères musulmans, a appelé à voter «non», et plaidé pour la rédaction d’un nouveau texte.