Scandale EADS: l'AMF a transmis le dossier au parquet

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L'Autorité des marchés financiers a confirmé mercredi avoir transmis au parquet son rapport d'enquête sur EADS. Elle a également fait part de ses griefs aux dix-sept personnalités suspectées de délit d'initié. Mardi, Mediapart avait publié une synthèse de ce rapport dans lequel les enquêteurs relèvent les ventes massives d'actions réalisées par la plupart des dirigeants d'EADS et ses actionnaires de contrôle. L'enquête décrypte notamment le comportement d'Arnaud Lagardère. Lire le rapport d'enquête, et notre analyse de la stratégie de communication du groupe Lagardère.

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Au fil des épisodes de l'affaire EADS, une interrogation revient, lancinante. Si Lagardère et DaimlerChrysler, les actionnaires de contrôle du groupe européen d'aéronautique et de défense, n'avaient pas souhaité vendre leur participation EADS, auraient-ils agi de même ? Les dirigeants se seraient-ils précipités pour céder leurs stock-options? Le directeur financier n'aurait-il pas alors mis son veto, comme il en avait le pouvoir, mais ce qu'il pouvait difficilement faire quand les deux principaux actionnaires du groupe étaient vendeurs ? Questions sans réponse, mais qui restent décisives tant le groupe Lagardère a eu un rôle central depuis le début d'EADS.
Noël Forgeard, ex-coprésident d'EADS, en retrace l'histoire auprès des enquêteurs de l'Autorité des marchés financiers. L'homme est un Lagardère boy, comme on dit, protégé par Jean-Luc Lagardère, mais pas un proche d'Arnaud, son fils. Ils se détestent cordialement même. La nomination de Noël Forgeard à la co-présidence d'EADS fin 2005 a été imposée à Arnaud par Jacques Chirac mais aussi par Nicolas Sarkozy, selon le livre l'Histoire secrète d'EADS (Leslie Varenne, Hugodoc), qui raconte l'influence en coulisse de celui qui n'est encore que président de l'UMP.