Dexia, enquête sur une faillite d'Etat (1/5). Hold-up à la Caisse des dépôts

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A l'origine de Dexia, il y a la CAECL, un service de la Caisse des dépôts qui a la haute main sur le financement de toutes les collectivités locales. Nommé à sa tête en 1983, Pierre Richard, ancien responsable des villes sous Giscard mais aussi des premières lois sur la décentralisation de la gauche, va mener une bataille d'enfer pour arracher cette structure à la Caisse. Avec le soutien de Balladur et de l'UDF, il finira par l'emporter: la CAECL devient le Crédit local de France, privatisé. «Un vrai hold-up», se souviennent encore les témoins de l'époque.

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Dans l'univers de la Caisse des dépôts, la Caisse d'aide à l'équipement des collectivités locales (CAECL) est au début des années 1980 le service le plus grand, le plus prestigieux au siège de la rue de Lille. Il a le poids que lui confèrent le pouvoir et l'argent. Créée dans les années 1960 pour aider au financement des villes et des collectivités territoriales, la CAECL a la haute main sur tous les pouvoirs locaux. Les villes sont encore sous la tutelle étroite de l'Etat et la CAECL est son bras armé. C'est elle qui «octroie» de manière régalienne les crédits aux élus, choisit les projets, soutient de façon plus ou moins voyante des élus bien en cour, mais n'hésite pas parfois à brimer certains récalcitrants. Bref, c'est une puissance politique.