Gaz: les arrière-pensées de la hausse des tarifs

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Le ministère des Finances a annoncé, lundi 7 avril, une nouvelle hausse de 5,5% du prix du gaz. Celui-ci avait déjà augmenté de 4% au 1er janvier. Le gouvernement annonce que cette augmentation reflète strictement la hausse des coûts d'approvisionnement de GDF. A la veille de la privatisation de l'entreprise publique, dans un contexte de stagnation du pouvoir d'achat, cette annonce suscite de vives polémiques.

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La direction de Gaz de France a été la première surprise. Début mars, l’entreprise publique avait demandé une hausse de ses tarifs réglementés pour les particuliers pour le 1er avril afin de tenir compte de l’évolution de ses coûts d’approvisionnements. La demande était restée sans suite. Lundi 7 avril, à la surprise générale, le ministère des Finances annonçait une prochaine augmentation de 5,5% pour le gaz vendu aux particuliers, soit 4 euros en moyenne de plus par mois par ménage. Cette hausse devrait devenir effective à la fin du mois, après avis de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Le prix du gaz pour les particuliers avait déjà augmenté, pour la première fois depuis 2006, de 4% au 1er janvier.
En plein débat sur le pouvoir d’achat, cette nouvelle hausse ne peut que susciter des interrogations. Dès l’annonce, le PS a dénoncé ces mesures aux effets «dévastateurs pour le pouvoir d’achat des ménages modestes et moyens». «Un relèvement de 5% des tarifs du gaz équivaut à une hausse larvée des prélèvements», insiste le PS dans un communiqué. Avec cette hausse, «le gouvernement veut faire sauter le verrou des tarifs régulés», accuse de son côté, l'association de consommateurs de la CGT, Indecosa. «Cette méthode peu orthodoxe a pour objectif d'aligner les tarifs régulés sur le prix du marché concurrentiel », poursuit-elle. Pour FO-Energie, cette hausse du prix du gaz marque « la volonté de Nicolas Sarkozy de réussir la privatisation de Gaz de France en la fusionnant avec Suez ». Pour cela, «il lui faut augmenter le prix du gaz pour soutenir l'action Gaz de France ». «La Bourse ne s'y est d'ailleurs pas trompée en saluant cette augmentation », remarque le syndicat. Le cours de GDF a progressé au lendemain de l’annonce de 0,82%, pour terminer à 40,66 euros. Mais il reste encore éloigné de celui de Suez qui évolue autour de 44 euros, alors que l’accord de fusion prévoit une parité sur la base d’une action GDF pour 0,95 de Suez.
L’Etat avait-il cette donnée en tête, lorsqu’il a décidé la hausse de 5,5% ? Le calendrier qu’il a choisi, en tout cas, est inhabituel. Le contrat de service public de GDF et d’EDF prévoit une révision trimestrielle des tarifs du gaz et de l’électricité. En cas de hausses, celles-ci interviennent le 1er jour du trimestre suivant. Pourquoi avoir donc retardé cette annonce, qui a lieu juste après les municipales ? Au ministère des Finances, on se défend de tout calcul. «Ce réajustement reflète strictement l’évolution des coûts d’approvisionnement de Gaz de France», indique-t-il dans son communiqué.

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