Rente et corruption: comment entraver la libéralisation du marché de l’énergie

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La corruption a-t-elle joué un rôle pour permettre à EDP, ancien monopole public portugais de l'énergie, de préserver une rente indue pendant vingt ans après la “libéralisation” du marché européen ? La justice portugaise s'y intéresse enfin. Un cas exemplaire de la difficulté d'éliminer les rentes. Analyse. 

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Plus d’une décennie après les faits, la justice portugaise s’attaque enfin aux conditions dans lesquelles EDP, l’ancien monopole d’État de l’électricité, a pu obtenir l’extension jusqu’en 2027 d’une rente de situation que la libéralisation des marchés de l’énergie, promue par l’Union européenne, avait en principe pour objectif de faire disparaître. Antonio Mexia, le président de EDP, et Joao Menso Neto, celui de la filiale EDP Renovaveis, ont été mis en examen, au côté d’autres membres éminents du puissant « complexe politico-industriel » gravitant autour de l’entreprise aujourd’hui privatisée. Les sièges lisboètes d’EDP, de REN (gestionnaire du réseau) et de la branche locale du Boston Consulting Group ont été perquisitionnés.