Licenciements: «Un effet d'aubaine dans 40% des restructurations»

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Les entreprises profitent-elles de la crise pour licencier? Syndex, cabinet d'expertise, est un des meilleurs connaisseurs du tissu industriel. Selon son directeur, Jean-Paul Raillard, dans deux cas sur cinq, la crise sert d'alibi à une restructuration. Du coup, «le dialogue social se raidit», constate Jean-Paul Raillard, qui n'exclut pas «une nouvelle vague de plans sociaux». Les chiffres révisés de l'emploi confirment ce pessimisme: 113.000 emplois salariés ont été détruits au deuxième trimestre.

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Jean-Paul Raillard, directeur du cabinet d'expertise Syndex, est un des meilleurs connaisseurs de l'industrie française. Ses 400 salariés, incollables en comptabilité des entreprises, interviennent notamment sur demande des comités d'entreprise, qui ont légalement la possibilité de mandater un expert en cas de restructuration ou de plan social — né au moment de la crise sidérurgique, le cabinet est proche de la CFDT. Depuis le début de la crise, une cellule de quinze personnes a rassemblé une foule de données sur la crise en cours. S'il paraissait évident, au vu de cas comme Molex, que certaines entreprises profitaient du ralentissement économique pour licencier, il était jusqu'ici impossible de dresser un état des lieux précis. «Il existe un effet d'aubaine dans 40% des restructurations aujourd'hui menées en France», affirme maintenant Jean-Paul Raillard. Pour Mediapart, le directeur de Syndex décrit ces «restructurations qui sortent des cartons», ces plans sociaux opportunistes pour améliorer la rentabilité et satisfaire l'actionnaire, et parfois le «chantage au licenciement»... Un inventaire qui en dit long sur le marasme industriel et la mauvaise qualité du dialogue social en France.