Retraites: le faux débat sur l'âge légal à 60 ans

Par
Si rien n'est fait pour l'emploi des 55-64 ans, la mesure ne fera que plonger certains pré-retraités dans la pauvreté. Analyse.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Comme si c'était déjà plié. A en croire Les Echos, la religion du gouvernement est déjà faite. Titre du journal économique du lundi 12 avril: «L'Elysée veut préparer les esprits, d'ici juin, au relèvement de l'âge légal de départ.» Alors que la «concertation» sur les retraites a juste débuté, ce lundi, l'exécutif souhaite augmenter «à 62 ou 63 ans» l'âge auquel il est possible de faire valoir ses droits à la retraite, que l'on ait ou non validé tous ses trimestres. Il est fixé à 60 ans depuis 1983.
Le Medef est depuis longtemps favorable à «sortir de ce tabou symbolique», rappelait dimanche Laurence Parisot sur RTL. Selon le patronat, cette mesure serait la plus efficace pour «équilibrer les régimes». Le Conseil d'orientation des retraites (COR) a calculé qu'un report à 62 ans en 2016 réduirait le déficit de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse de 6,6 milliards d'euros par an. Cela ne réduirait pas tous les besoins de financements futurs, mais tout de même presque le déficit de 2009 (7 milliards). La CNAV estime que cette solution serait financièrement plus intéressante à court terme qu'un allongement de la durée de cotisation nécessaire, déjà relevée et fixée à 41 ans en 2012.