La transition énergétique est un mirage

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Tous pour la transition énergétique ! À la veille du sommet Rio+20, c’est devenu un slogan consensuel. Mais cette transition n’existe pas plus aujourd’hui qu’hier. Des gaz de schiste au nucléaire, en passant par les renouvelables, les énergies ne font que s’additionner.

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« Transition : passage graduel d’un état à un autre ; état intermédiaire ». Si vous avez discuté avec un écologiste ces douze derniers mois, l’expression « transition énergétique » ou « écologique » n’a pas pu vous échapper. Loin des polémiques entourant la notion d’économie verte (voir ici), l’idée d’un mouvement vers un nouveau système énergétique, supposé plus économe et plus renouvelable, s’est imposée comme objectif visiblement consensuel.

Alors que la notion de développement durable perd son sens à force de répétitions incantatoires, de récupérations et d’échecs à alléger notre empreinte écologique, la perspective d’un changement progressif de mix énergétique semble, en contraste, plus précis, plus concret et donc plus convaincant. C’est même l’un des rares points communs entre François Hollande, qui la relie à l’idée d’un « nouveau modèle de développement », Greenpeace et les altermondialistes d’Attac ou encore la CGT. Le vocable traverse les discours militants, politiques, économiques et académiques, comme en témoigne ce graphique. C’est une photographie des occurrences de l’expression « energy transition » (en anglais) sur le site de Google books. On voit clairement que son taux de citation explose avec le premier choc pétrolier de 1973, avant de repartir à la hausse au début des années 2000.