Le pouvoir d'achat devrait stagner au premier semestre

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Les prévisions de l'Insee laissent présager un « acquis » de croissance de +1,4% à la fin du premier semestre 2008. Mais le chômage devrait cesser de baisser. Et le pouvoir d'achat serait proche de la stagnation (+0,3%). Lire aussi « La lente montée des conflits sociaux »

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La « note de conjoncture » que l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publie, ce vendredi 21 avril, apporte tout à la fois une (relativement) bonne nouvelle, et une (très) mauvaise. La bonne, dont le gouvernement ne manquera pas de tirer argument, c’est que l’économie française n’est pas – ou pas encore – fortement atteinte par le ralentissement de l’économie mondiale, et notamment de l’économie américaine. La mauvaise, qui a déjà été au cœur des débats des élections municipales, c’est que le pouvoir d’achat des Français est en très forte décélération et risque de se rapprocher d’une quasi-stagnation au cours du premier semestre de 2008.

 

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Dans cette note, le gouvernement peut en effet trouver au moins un motif de réconfort. Car, selon les dernières prévisions de l’Insee, le premier semestre de 2008 devrait se dérouler de manière un peu moins catastrophique que ne le prévoyaient certains experts. La croissance (du produit intérieur brut – PIB) atteindrait +0,4% au premier trimestre et +0,3% au deuxième. Autrement dit, le moteur de l’économie devrait continuer de tourner, à petite vitesse certes, mais sans « caler ». Au total, ce que les experts appellent « l’acquis de croissance » devrait donc atteindre 1,4% à la fin du mois de juin. Ce qui laisse présager – même si les simulations de l’Insee ne portent que sur le semestre en cours – une croissance comprise entre 1,6% et 1,8% sur l’ensemble de l’année, dans l'hypothèse où l’activité resterait mollassonne au second semestre.
Ce taux de croissance de 1,4% sur le premier semestre de 2008 (et peut-être de 1,6% à 1,8% sur l’année) est évidemment en très net retrait sur les 2% à 2,5% de croissance sur lesquels comptait le gouvernement en construisant la loi de finances pour 2008. Toutes les hypothèses économiques sur lesquelles ont été construits à l’automne 2007 les équilibres de la loi de finances ont été balayées : évalué à l’époque à 73 dollars, le prix du baril de pétrole a « flambé » et dépasse maintenant 110 dollars ; de 1,37 dollar, l’euro a grimpé jusqu’à 1,55. Bref, sous le coup de la crise américaine, la planète finance est devenue folle, et toutes les grandes économies occidentales en ont payé le prix. L’économie française comme les autres ! Pourtant, la majorité pourra arguer que le pays n'est pas aussi fortement affecté que d’autres par le ralentissement américain.

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