A Laval, la guerre du lait laisse les éleveurs sur la paille

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Après l'échec des négociations entre les représentants de la FNSEA et ceux du géant laitier Lactalis sur le prix du lait payé aux producteurs, le blocus du siège social a été levé dans la nuit de vendredi à samedi. La mobilisation des éleveurs pourrait s'étendre aux différents sites du groupe à partir de lundi prochain. Dans les campagnes, il y a urgence, un monde est en train de disparaître. 

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De notre envoyé spécial à Laval.-  Pas une voiture, pas un camion et des brumes de chaleur qui lézardent le ciel azur, au-dessus des immenses anneaux de bronze de l’artiste Louis Debré, installés à l’entrée de la zone industrielle de Laval. Depuis le lundi 22 août, les fédérations de la FNSEA du Grand Ouest mobilisent leurs troupes pour bloquer l’entrée du siège social de Lactalis, le premier groupe laitier et fromager mondial. Quelques centaines d’éleveurs se relaient à l’ombre de la tente dressée sur le rond-point du « zoom », rebaptisé par les manifestants « rond-point de la Honte-au-lait ». D’autres cherchent l’ombre des tracteurs, assommés par un soleil de plomb qui n’augure rien de bon pour la récolte fourragère. « Les paysans n’ont même plus la force de se mettre en colère, ils sont désespérés, explique Alain, venu en voisin de Martigné-sur-Mayenne. Nous sommes des gens fiers, nous gardons notre misère à la maison. Il y a encore quinze jours, un gars s’est suicidé dans le département. À ce rythme, dans vingt ans, la France achètera sa nourriture à l’étranger. »