Etre auto-entrepreneur: les pièges et aberrations d'un statut si vanté par le pouvoir

Par
424.000 créations d'entreprise depuis le début de l'année! Un record... en pleine crise. Etonnant? En fait, plus de la moitié sont des auto-entreprises. Ce nouveau régime, entré en vigueur le 1er janvier 2009, connaît un succès foudroyant. Le gouvernement s'en félicite. Mais derrière cet engouement, il y a surtout beaucoup d'effets d'aubaine. Témoignages d'artisans qui constatent une concurrence déloyale, d'auto-entrepreneurs lâchés dans la nature et de salariés à qui leur patron indélicat a proposé de passer auto-entrepreneur pour économiser des charges sociales. Enquête.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

«Record historique.» Le 20 octobre, les chiffres de l'Insee tombent: 56.548 entreprises ont été créées en septembre. Le compteur s'affole: 424.200 ont vu le jour depuis le début de l'année contre 327.000 en 2008... Un tel engouement en pleine crise? Voilà qui ne laisse pas d'étonner. En fait, cette explosion est due au boom de l'auto-entrepreneur, lancé en janvier: depuis le début de l'année, 230.649 demandes de créations d'auto-entreprises ont été enregistrées. Plus d'une création sur deux! «Le régime de l'auto-entrepreneur stimule durablement l'exercice d'activités économiques indépendantes [...], favorise l'émergence d'une culture entrepreneuriale et populaire en France», se félicitaient, le 20 octobre, la ministre de l'économie Christine Lagarde et le secrétaire d'Etat aux PME, Hervé Novelli.