En Belgique aussi, la future loi travail durcit le climat social

Les textes ne sont pas identiques, mais l’ambition est partagée: il s’agit de flexibiliser le marché du travail pour renforcer la compétitivité. À Bruxelles, la contestation s’organise.

La lecture des articles est réservée aux abonné·es. Se connecter

De notre envoyé spécial à Bruxelles. - Les conflits sociaux se multiplient en Belgique. Les quotidiens prophétisent déjà l’« escalade » dans un royaume encore à vif après les attentats du 22 mars 2016. Un front commun du secteur public, qui craint pour ses retraites, devait manifester mardi à Bruxelles. Une grève inattendue dans les chemins de fer, depuis la fin de semaine dernière, paralyse une partie des transports en Wallonie (sud du pays) jusqu’à mercredi. Celle des contrôleurs aériens de Zaventem, en avril, avait déjà compliqué la réouverture de l’aéroport après les attentats. Les gardiens de prison, eux, poursuivent leur grève dans la capitale et en Wallonie, tandis que les magistrats annoncent des actions à partir de la fin de semaine…
Dans ce climat social très lourd, un nouveau motif de mécontentement se profile à l’horizon : la future « loi Peeters », du nom de Kris Peeters, ministre de l’emploi et figure des chrétiens-démocrates flamands (CD&V). Ce texte n’est encore qu’une ébauche, en attendant la copie définitive qui doit être livrée d’ici fin juin. Mais il fut déjà l’une des bêtes noires d’un premier défilé « contre la semaine de 45 heures » qui a rassemblé, le 24 mai à Bruxelles, quelque 60 000 personnes. Trois journées d’actions – aux mots d’ordre encore fluctuants – ont été annoncées dans la foulée, les 24 juin, 24 septembre et 7 octobre. Le vote du texte au parlement devrait intervenir à l’automne. Le chef du gouvernement, le libéral Charles Michel, veut aller vite : il table sur une entrée en vigueur dès janvier 2017. Une pétition intitulée « Loi Peeters non merci ! », calquée sur le modèle du précédent français, vient d’être lancée (environ 17 000 signataires).

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là


Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

À ne pas manquer

Discriminations
Des témoins confirment l’humiliation infligée à une lycéenne voilée avant le bac
Jeudi 16 juin, une élève venue passer une épreuve du bac français dans un lycée parisien dit avoir été « agressée » par une responsable éducative qui n’aurait pas apprécié qu’elle vienne voilée et lui a fait rater le début de l’épreuve. Des témoins confirment la violence de la scène.
par Nejma Brahim
Politique — Analyse
Le nouvel ordre électoral : trois pôles et des incertitudes
Le second tour des législatives a confirmé la radicale nouveauté du paysage politique français depuis 2017. La majorité relative dont Emmanuel Macron doit se contenter génère cependant une situation pleine d’inconnues.
par Fabien Escalona
Exécutif — Analyse
Sans solution, Emmanuel Macron met la pression sur les oppositions
Trois jours après avoir perdu sa majorité absolue à l’Assemblée nationale, le président de la République a tenté de minimiser son échec. Martelant que son programme devait être appliqué, il a enjoint à ses opposants de se prononcer sur leur volonté ou non de l’aider à le faire.
par Ilyes Ramdani
Police — Enquête
Affaire du Pont-Neuf : le policier a tué en tirant dans le dos
Fin avril, un policier a tiré à dix reprises au fusil d’assaut sur une voiture, faisant deux morts et un blessé grave sur le Pont-Neuf, à Paris. Les premiers éléments de l’enquête, auxquels Mediapart et Libération ont eu accès, mettent à mal la thèse de la légitime défense : les balles mortelles ont atteint les victimes par le côté et l’arrière.  
par Pascale Pascariello et Camille Polloni

Nos émissions