L'intérim montre les premiers signes de la récession

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«Si on retire l'intérim, qui a sensiblement baissé au deuxième trimestre, l'économie a continué à créer des emplois en net», se réjouissait mi-août la ministre de l'économie, Christine Lagarde. Première variable d'ajustement en cas de baisse de l'activité, le travail temporaire a encaissé 45.300 suppressions d'emploi au deuxième trimestre 2008. Essentiellement dans l'industrie et le bâtiment qui voient défiler les candidats mais pas les offres. Reportage.

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Boulevard Magenta à Paris près de la gare du Nord, des intérimaires du bâtiment passent d'une agence de travail temporaire à l'autre, se heurtant presque inéluctablement à un refus. En l'espace de cinq minutes, trois sont arrivés dans cette petite agence spécialisée dans l'électricité, BPSI Interim. «Je cherche du boulot.» «On n'en a pas», répond inlassablement Rhizlay Ajellal, chargée de recrutement. La scène se déroule à chaque fois en quelques secondes et voilà l'ouvrier déjà parti vers une agence voisine. «Je ne compte pas, avoue-t-elle. Mais c'est toute la journée comme ça.» «On voit que le secteur va mal car on voit passer beaucoup de gens qui travaillent habituellement avec d'autres agences, relève Jean-Yves Bourdin, responsable d'une agence voisine qui dit lui «ne constater qu'une baisse insignifiante».