A Ouvéa, la mémoire se transmet, le traumatisme aussi

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Trentenaire de l’assaut de la grotte, hommage aux 19 morts du commando indépendantiste kanak, première visite d’un président de la République, le tout à six mois d’un référendum sur l’indépendance : cela fait beaucoup de dates et de symboles pour la petite île d’Ouvéa, 3 000 habitants, cinq églises, une seule route. Reportage.

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Ouvéa (Nouvelle-Calédonie), envoyé spécial.– Samedi 5 mai 2018 à Gossanah, tout au nord de l'île d'Ouvéa, certains enfants joueront les victimes et d'autres incarneront les bourreaux. Au son de la fusillade, restitué par un montage audio – et à l'aide d'un gros hélicoptère en carton –, des élèves des écoles primaires environnantes rejoueront la prise d'otages de gendarmes par un commando indépendantiste. L'assaut final par l'armée française fait partie de la représentation. Dans la grotte de Gossanah, il s'est soldé par 19 morts chez les militants kanak dont certains victimes d’exécutions sommaires. C'était le 5 mai 1988.