Le «Grenelle» est-il une méthode?

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Jean-Louis Borloo annonce vouloir organiser un «Grenelle de la fiscalité». Drôle de proposition alors que le fiasco de la taxe carbone est le plus gros échec du new deal écologique promis par le gouvernement.

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Alors que son nom figure toujours parmi les favoris pour remplacer François Fillon à Matignon, Jean-Louis Borloo a commandé un sondage à Ipsos (à lire ici) pour évaluer la popularité de son Grenelle de l'environnement. Les résultats tournent au plébiscite: la méthode de travail est estimée bonne par 92% des personnes interrogées, qui considèrent à 88% qu'elle devrait être utilisée pour conduire des réformes sur d'autres sujets.
Ces chiffres tombent à pic pour le ministre de l'écologie. Il y a 15 jours, une autre enquête d'opinion (à lire ici) concluait exactement le contraire: 74% des personnes interrogées par Opinionway pour Terra Eco estimaient que le Grenelle de l'environnement était... un échec.
Ces résultats contradictoires témoignent de l'absurdité de la démarche qui consiste à vouloir juger de l'efficacité d'un processus aussi complexe à l'aune de sa gloire sondagière. Qui parmi les personnes interrogées comprend les implications de la «gouvernance à cinq», entre Etat, collectivités locales, ONG, syndicats et entreprises, à la base des tables rondes d'octobre 2007? Qui a comparé les 273 mesures qu'elles préconisaient aux centaines d'articles des lois Grenelle I et II?