A Nanterre: «Lui et Valls ont cassé la gauche»

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Beaucoup avaient voté pour lui en 2012. À Nanterre (Hauts-de-Seine), jeudi soir, lors d'une réunion publique consacrée à la présidentielle, les participants ont vite fait une croix sur le quinquennat Hollande.

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Twitter s'affole : il est 20 heures et, à l’Élysée, François Hollande a commencé de parler. Candidat ? Pas candidat ? À Nanterre (Hauts-de-Seine), les gazouillis n'ont pas transpercé les murs de l'Agora. À vrai dire, personne ne sait que le président de la République s'exprime à la télévision. Dans la salle municipale, celui qui parle s'appelle Mehdi Kemoune. Il est syndicaliste CGT chez Air France. Il raconte la chemise du DRH arrachée, les salariés condamnés, ce « gouvernement qui a tenté de faire passer des syndicalistes pour des voyous ». On est dans une ville communiste. La salle est plutôt à gauche, employés ou ouvriers, syndicalistes, militants, associatifs. Sur fond bleu à l'Élysée, François Hollande vient de dire qu'avec lui « la lutte contre les discriminations […] a été amplifiée ». Il fait un mea culpa sur la déchéance de nationalité.

M'hamed Kaki, l'organisateur de la soirée, n'a toujours pas idée de ce qui se passe. Ce soir, à l'invitation de son association culturelle, Les Oranges, une trentaine d'habitants de Nanterre ont été conviés à discuter de l’élection présidentielle. Le thème de la soirée, justement, c’est « Faut-il voter ? ». Chaque semaine, M'hamed, un ancien de la Marche pour l’égalité des droits de 1983, inlassable militant de l’éducation populaire dans les quartiers, tracte sur les marchés pour rappeler qu’il reste un mois, jusqu’au 31 décembre, pour s’inscrire sur les listes électorales. Pas la langue dans sa poche, il dit : « Avec nos actions de terrain, on remplace un peu les partis qui ne sont plus là. Tous ces pingouins. »