La mort de Josette Audin: une vie à rendre justice

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L’Humanité annonce, ce dimanche 3 février, la mort de Josette Audin à 87 ans. Elle était la veuve du mathématicien communiste Maurice Audin, assassiné en 1957 à Alger par l’armée française qui camoufla son crime sur le moment sans jamais cesser de le nier ensuite. Le 13 septembre 2018, le président de la République, Emmanuel Macron, s’était rendu chez Josette Audin pour « demander pardon », tout en reconnaissant, 61 ans après, le crime d’État.

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Une grande dame s’est éteinte. Josette Audin est décédée samedi 2 février à l’âge de 87 ans, emportant avec elle l’histoire intime de la grande Histoire, celle qu’elle aura contribué à écrire par sa persévérance et son courage.

Nous n’oublierons pas son merveilleux sourire, le 13 septembre dernier, lorsque le président de la République est venu chez elle lui demander pardon, « au nom de la République ». Josette aura vécu ce moment avant de s’en aller. Cette reconnaissance officielle de l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française, elle y a travaillé plus de soixante ans, affrontant les lâchetés politiques et les mensonges de la grande muette. Par amour. Mais aussi pour tous les Algériens victimes de la torture. Car si sa vie a été indissociablement liée au nom de son mari, Josette Audin était une militante communiste, anticolonialiste, dont l’engagement ne s’est jamais affadi.

Ces derniers mois, en dépit de la maladie, elle trouvait la force d’être là où son combat devait la mener. Le 12 décembre, elle était au premier rang de l’amphithéâtre de l’Institut Poincaré, pour la cérémonie de remise du prix de mathématiques Maurice Audin. Le 14 septembre, elle avait tenu à venir à la fête de l’Humanité, pour partager avec les « siens » la formidable victoire politique de la reconnaissance, la veille, du crime d’État par Emmanuel Macron. Le public de la Fête le lui avait bien rendu, par un de ces instants magiques où l’émotion n’a plus besoin de mots. À l’Agora, sa frêle silhouette avait soulevé l’admiration et le respect d’un public qui a partagé son engagement pendant toutes ces années. Celui qui a permis que le nom de Maurice Audin ne tombe pas dans l’oubli.

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