PMA, GPA: «Il faut renouveler la réflexion sur la filiation»

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Depuis fin janvier, les états généraux de la bioéthique se penchent sur l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules. C’est l’occasion, selon la sociologue Martine Gross et la juriste Laurence Brunet, de repenser le lien de filiation qui reste souvent confondu en France avec le lien génétique.

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Jusqu'en mai, à l'occasion des états généraux de la bioéthique, les citoyens sont invités à participer à des débats organisés partout sur le territoire métropolitain. Parmi les neuf thèmes abordés, figure l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes et aux femmes seules, renvoyée par le gouvernement d’Édouard Philippe à la révision de la loi de bioéthique, qui débutera à l'automne en 2018.

Aujourd’hui la PMA, que ce soit par le biais d’une insémination artificielle ou d’une fécondation in vitro, est réservée en France aux couples hétérosexuels infertiles. Quant à la gestation pour autrui (GPA), c'est-à-dire le fait d'avoir recours à une femme porteuse, elle est interdite et criminalisée, qu'il s'agisse de couples homosexuels ou hétérosexuels.

Et chez nos voisins ? Selon une étude pluridisciplinaire publiée en juillet 2017 portant également sur le Québec, la Belgique et l'Espagne, la France se trouve dans une position très isolée, les autres pays reconnaissant plus facilement les parents d'intention. Deux des auteurs de cette étude, la sociologue Martine Gross et la juriste Laurence Brunet, estiment qu'il est temps de repenser le sens de la parentalité et de la filiation, qui restent aujourd'hui structurées par des liens génétiques.

Reconnaissance des familles homoparentales, statut du donneur, anonymat des dons de gamètes, autant de questions qui restent pour l'instant peu abordées. « La loi doit absolument renouveler sa réflexion sur la filiation, malheureusement elle n'en prend pas le chemin car le débat est un peu obnubilé par les questions de technique, d'ouverture de la PMA ou pas, les questions génétiques », explique Laurence Brunet.

 Retrouvez le podcast du débat.

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