Evry : mise en scène oblige, l'expulsion des Roms a court-circuité la justice

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En expulsant fin août un campement de Roms, le successeur de Manuel Valls à Évry a court-circuité la justice en connaissance de cause. Ses détracteurs dénoncent un « coup politique ». « Il ne faut pas laisser s’enkyster les choses », se justifie le maire.

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Pourquoi le maire socialiste d’Évry, dans l'Essonne, a-t-il fait évacuer de force un campement sans attendre une décision de justice qui était prévue le lendemain ? Malgré leur expulsion par les forces de l’ordre lundi 27 août à l’aube, les Roms, qui s’étaient installés le long de la voie du RER D, espéraient qu’un tribunal se prononce sur leur cas. En prenant un arrêté municipal d’expulsion, autrement dit une mesure administrative, le maire de la ville, Francis Chouat, successeur de Manuel Valls, les a de facto privés de jugement. Selon nos informations, il l’a fait en connaissance de cause, puisqu’il était au courant que des poursuites étaient engagées en parallèle par le propriétaire du terrain, l’Agence foncière et technique de la région parisienne (AFTRP).