5 février, grand test de la convergence de luttes

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Une partie des "Gilets jaunes" se sont convertis à la "convergence des luttes", y compris par des appels à la grève, prônée par la CGT sans grand succès jusqu'ici, ce qui fait de la journée d'action de mardi un test pour la centrale syndicale.
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PARIS (Reuters) - Une partie des "Gilets jaunes" se sont convertis à la "convergence des luttes", y compris par des appels à la grève, prônée par la CGT sans grand succès jusqu'ici, ce qui fait de la journée d'action de mardi un test pour la centrale syndicale.

Des figures de proue du mouvement qui a émergé pour dénoncer les hausses de taxes sur le carburant puis s'est cristallisé sur les questions de pouvoir d'achat, ont appelé dans les derniers jours à se mobiliser pour bloquer l'économie.

La première "Assemblée des Assemblées" organisée par les "Gilets jaunes" de Commercy (Meuse), qui a regroupé une centaine de délégations de toute la France les 26 et 27 janvier dernier, a appelé à "construire une grève massive et reconductible à partir du 5 février".

La CGT, qui rêve d'une coagulation des conflits pour faire plier le gouvernement, espère donc réussir son pari.

Des mobilisations communes sont prévues dans "plus de 30 départements", a dit lundi le secrétaire général de la centrale, Philippe Martinez sur RTL, "parce qu'il y a eu des contacts qui sont faits, parce qu'on a discuté".

"ON A APPRIS À SE CONNAÎTRE"

Les "Gilets jaunes", qui en étaient samedi à leur douzième journée de manifestation en France depuis le 17 novembre, se sont pourtant toujours revendiqués apolitiques et sans affiliation syndicale.

"On a appris à se connaître", a expliqué Philippe Martinez. "Eux, ne nous connaissent pas, parce que la plupart de ces citoyens et citoyennes qui sont dans la rue n'ont jamais croisé de syndicats. Ça nous pose quelques questions en terme d'activité, on y réfléchit."

Selon le secrétaire général de la CGT Paris, Benoît Martin, le recours de la CGT auprès du Conseil d'Etat, avec notamment la Ligue des droits de l'homme (LDH), pour interdire l'utilisation des lanceurs des balles de défense (LBD), ces armes intermédiaires impliquées dans des dizaines de blessures, a aussi suscité la sympathie des "Gilets jaunes".

Le groupe d'organisations à l'origine de la mobilisation du 26 mai dernier a réitéré son appel à la convergence pour une meilleur "répartition des richesses".

Ce groupe est composé d'Attac, de la Fondation Copernic, de la fondation Adama crée en mémoire d'Adama Traoré, de syndicats comme Solidaires et la CGT Paris, ou encore de partis politiques comme La France insoumise (LFI), le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ou encore Place publique, jeune mouvement qui appelle la gauche à s'unir.

"Cet appel tend à faire du 5 la possibilité de défoncer définitivement la porte à coups de pied, en jonction avec le monde syndical et c'est pour ça qu'il est essentiel. Il n'aurait pas été fait si du côté des 'Gilets jaunes' il n'y avait pas eu cette ouverture", a dit mardi le député LFI, Eric Coquerel à la presse.

Le monde syndical est encore divisé sur la question.

"Ce qu'on attend c'est des résultats", a dit le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, sur France 2. "Et pour ces résultats, il y a parfois la nécessité de faire grève ou manifester et parfois il faut faire des propositions concrètes, c'est ce que fait la CFDT".

Force ouvrière a refusé d'appeler à rejoindre la CGT au niveau confédéral mais dit soutenir les fédérations et unions départementales qui participeront à la mobilisation.

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