Pendant la crise, des familles asphyxiées par les retenues des CAF

Par

Alors que le gouvernement a promis une aide exceptionnelle aux foyers les plus précaires, les Caisses d’allocations familiales continuent d’effectuer des retenues sur les prestations versées en trop à certains bénéficiaires. Au risque d’aggraver la situation des plus démunis.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Pour Lamia, comme pour tant d’autres familles précaires, la vie dans ces temps de crise sanitaire et sociale tient de la survie. Elle se débat dans les difficultés et en plus doit se battre contre des Caisses d’allocations familiales (CAF) inflexibles, même dans cette période de confinement. Depuis 2013, Lamia bataille avec la CAF des Bouches-du-Rhône, à la suite d’une fausse déclaration de son ex-conjoint : « Pour m’attaquer, il leur a dit qu’il vivait encore avec moi, alors que je suis mère isolée depuis 2005. » La CAF a alors recalculé le montant de toutes les prestations qu’elle a versées à Lamia depuis lors. « Ils m’ont demandé près de 75 000 euros », s’étrangle-t-elle. Encore aujourd’hui, malgré une décision du Conseil d’État en sa faveur – que nous avons pu consulter –, l’auxiliaire de vie continue de subir des prélèvements de la part de la CAF de l’Hérault, où elle est désormais installée. « Les dettes s’affichent tout le temps sur mon compte CAF, soupire-t-elle. Je ne perçois aucune aide alors que je suis mère célibataire. En avril, j’ai touché zéro euro. » Fin mars et fin avril, les APL qu’elle aurait dû percevoir ont été intégralement prélevées, comme l’atteste son compte CAF – dont elle nous a fait parvenir une copie.