Plongée dans la France enfermée

Par

Mediapart vous propose de larges extraits du film de Stéphane Mercurio, À l'ombre de la République, à l'occasion de sa sortie en salle, mercredi 7 mars. Dont l'entretien quasi-intégral de Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté. La documentariste l'a suivi, lui et son équipe de contrôleurs. Leurs visites dans les prisons, hôpitaux psychiatriques, centres de rétention... font émerger des témoignages jamais révélés.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Dès le premier quart d'heure du documentaire, il y a cette révélation qui fera date dans les annales pénitentiaires et judiciaires. En ce jour d'automne 2009, l'équipe de contrôleurs qui visitent la maison d'arrêt de Versailles comprennent qu'ici deux détenues font la loi et obtiennent ce qu'elles veulent du directeur de l'établissement. « Deux chouchoutes » selon les termes d'une détenue, dont l'une se fait « appeler la directrice et l'autre la sous-directrice », précise une autre.
Le 15 février 2012, le directeur de cette prison, Florent Gonçalves, a été condamné à deux ans de prison dont un ferme (et 10 000 euros d'amende) pour avoir entretenu une liaison avec une jeune détenue, Emma Arbabzadeh, plus connue pour son rôle d'« appât » du « gang des barbares ». Elle sera quant à elle condamnée à un an de prison dont huit mois avec sursis. À l'issue de leur visite, les contrôleurs avaient transmis leur rapport à l'administration pénitentiaire.