6 mai 2012: le récit de la journée électorale

51,67% contre 48,33%. François Hollande bat nettement Nicolas Sarkozy et devient président de la République après dix-sept années de droite à l'Elysée.

Cet article est en accès libre. L’information nous protège ! Je m’abonne

01h00. Le ministère de l'intérieur annonce le résultat définitif, hors Français de l'étranger : 51,67 % pour François Hollande, 48,33 % pour Nicolas Sarkozy.

00h45. Place de la Bastille, François Hollande déclare : « C'est une foule immense, place de la Bastille. J'ai entendu votre volonté de changement, votre force, votre espérance. Merci, merci. Merci peuple de France. » « Il faudra réparer », annonce le président élu, qui n'oublie pas la politique : « Il y a encore beaucoup à faire dans les mois qui viennent et d'abord réussir les législatives », avant d'évoquer l'Europe.

00h10. A la Bastille, des mouvements de foule découragent les plus courageux d'accéder à l'épicentre de la place, tandis que Yannick Noah enflamme la foule. Beaucoup de drapeaux du Front de gauche, du PCF ou du Parti de gauche. Aux « Hollande président ! » s'opposent parfois des « Jean-Luc président ! », souvent rigolards, parfois non. On croise aussi plusieurs militants du NPA. Mais avant tout, ce qui marque l'observateur, c'est la forte présence de Noirs et d'Arabes, qui font la fête, eux, avec une réelle ferveur. Ainsi, à une station de métro de Bastille, au carrefour du boulevard Ledru-Rollin, il règne une ambiance de coupe du monde 98. Les drapeaux algériens et marocains perturbent le croisement des voitures, et les klaxons résonnent comme un air de fête, moins frappant en dessous de la colonne centrale de la Bastille.

 © S.A © S.A

 23h51. La chancelière Angela Merkel a confirmé dimanche avoir téléphoné à François Hollande pour le féliciter. Elle a invité le socialiste François Hollande à se rendre à Berlin, aussitôt que possible après son entrée en fonction, selon un communiqué de la chancellerie. Les deux  dirigeants sont d'accord sur l'importance de relations étroites entre la France et l'Allemagne et se sont mutuellement assuré d'aspirer à une bonne coopération dans la confiance, ajoute le communiqué.

23h44. Alors que le président gabonais Ali Bongo Ondimba s’est empressé de féliciter François Hollande pour son élection, insistant sur « son entière disponibilité pour œuvrer au raffermissement stratégique » avec la France, l’opposant gabonais Zacharie Myboto a lui appelé à la fin de la Françafrique. « Ainsi pour moi comme pour l'Union nationale, la page Nicolas Sarkozy est-elle tournée avec ses sombres souvenirs », a-t-il expliqué avant d’ajouter : « Pour l'Afrique et singulièrement pour le Gabon, ce choix du changement, comme nous l'avons entendu pendant sa campagne, devra être celui de la promotion de la démocratie et la fin de la sinistre Françafrique avec ses pratiques rétrogrades et dictatoriales. »

23h00. La dernière totalisation du ministère de l'intérieur, portant sur 90 % des suffrages, donne François Hollande à 51,56 %.

23h00. Michel Piron, député UMP du Maine-et-Loire, tendance centriste, réagit à la défaite de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle.
Comment interprétez-vous la défaite de Nicolas Sarkozy ?
Ou la victoire de Hollande. Il est élu, c'est clair. Mais je préfère revenir au fond. La crise est grave, profonde. La gravité de la crise inquiète les gens. Comme tous ceux qui ont gouverné dans la crise, Nicolas Sarkozy assume et paie en partie le simple fait qu'il a gouverné. En somme, il n'échappe pas à ce qui est arrivé aux autres dirigeants européens en période de crise.
Il y a l'Assemblée nationale à élire dans un mois. Les questions des déficits et de l'emploi sont devant nous. La croissance aussi est une question pas évidente. Soyons clairs : quels que soient les élus de demain, il faudra demander d'autres efforts et plus justement partagés.
Avez-vous adhéré à la tournure très droitière de la campagne de second tour ?
Je préfère répondre à cette question par des propositions. Ce n'est surtout pas le moment d'aller chercher des querelles à qui que ce soit, je dis bien : à qui que ce soit. Il y a des choses essentielles que François Fillon, dont je partage largement la sensibilité, a redit : est-ce qu'un jour, sur certains sujets, on sera capables de voter des mesures ensemble ? Sur les retraites, par exemple, 95 % de la réforme vont être maintenus : n'aurait-on pas pu voter les 95 % ensemble ?
En mettant les priorités où je les mets − chômage, déficits, emploi −, ça répond à votre question. Je ne suivrai pas certains chemins. 
La recomposition de l'UMP vous paraît-elle nécessaire ?
On n'avance pas si on n'oblige pas les gens à se positionner sur les vraies questions. Et sur la question de ce qui doit être prioritaire, il y a débat. Je n'accepterai pas que l'UMP soit entièrement canalisée sur le terrain de l'extrême droite. Ces débats doivent avoir lieu en posant des questions. La diversité doit s'exprimer.
Cette diversité peut-elle s'exprimer dans les courants que Jean-François Copé veut activer au sein de l'UMP ?
C'est une des options. Il faut savoir ce qu'on appelle courant. Est-ce une rivière qui a vocation à rejoindre le grand fleuve ? Le diable est dans les détails.

23h04. Dans le pub Murphy & Gonzales à New York, au moment de l’annonce de l’élection de François Hollande.

 © dr © dr



22h35 Charlotte Philippot, 27 ans, et des amis, se retrouvent dans un café du marché d'Aligre, loin de la cohue de la Bastille. Charlotte travaille dans le théâtre. Ce matin, son amoureux lui a offert un masque de François Hollande acheté au magasin de farce et attrapes. Légèrement ivre, Charlotte savoure la victoire du candidat socialiste, tandis que des klaxons résonnent dans le quartier. « Hollande est vraiment humble, proche du peuple, ce qu'on n'avait pas chez l'autre. »

 © Mathieu Magnaudeix © Mathieu Magnaudeix

22h30. Toujours en route pour Bastille, le cortège de Solférino croise, à Cluny-La Sorbonne (Paris Ve), des jeunes sarkozystes qui brandissent des drapeaux du président sortant. Aucun incident à signaler, seules des moqueries fusent : « Et ils sont où ? Et ils sont où les jeunes pop ? » scande le cortège. Au niveau du métro Mutualité, ce dernier croise des militants de l'UNI. Aucun heurt entre les deux groupes. « Guéant, c'est fini ! Guéant, c'est fini ! » chantent les jeunes socialistes à l'adresse des policiers.

Le cortège de Solférino © Stéphane Alliès Le cortège de Solférino © Stéphane Alliès

22h10. Les messages de félicitations affluent de toute l’Europe. Après le premier ministre belge (socialiste) Elio di Rupo, qui a été le premier à saluer la victoire de François Hollande, le président de la commission européenne José Manuel Barroso a félicité le candidat socialiste pour son élection. Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a adressé un long message au nouveau président français. « Je veux vous exprimer ma pleine disponibilité à œuvrer, avec vous, en faveur d'une coopération algéro-française qui soit à la hauteur des potentialités des deux pays et en adéquation avec la dimension humaine de nos relations et du partenariat d'exception que nous ambitionnons de construire », a déclaré le chef de l'Etat algérien. 

22h06. 300 personnes viennent de quitter Solférino pour rejoindre la Bastille à pied. Ils chantent La Marseillaise, L'Internationale et La Jeune Garde, des drapeaux français, des drapeaux François Hollande, et des drapeaux du MJS (Mouvement des jeunes socialistes) à la main. Quelques fumigènes également sur le boulevard Saint-Germain. Sur la route, le cortège croise des jeunes sarkozystes. Ils scandent : « La France à gauche » et s'entendent répondre : « 2017, la France à droite ! » Le MJS répond : « Et tout de suite, fasciste ! »

En route pour la Bastille © Stéphane Alliès En route pour la Bastille © Stéphane Alliès

22h00. La déclaration de François Bayrou :

22h00. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a qualifié ce soir l'élection de François Hollande d'« événement historique dans la Cinquième république » dans les salons de l'Ambassade de France. Il s'est félicité de pouvoir poursuivre avec François Hollande la coopération franco-allemande, « qui ne dépend pas des partis » au pouvoir « mais s'inscrit beaucoup plus profondément, dans les peuples mêmes ». Le ministre allemand s'est déclaré confiant pour la gestion de la crise de la zone euro : « La France et l'Allemagne continueront de remplir leur mission et à assumer leurs responsabilités au sein de l'UE. » « Nous allons travailler ensemble à un pacte de croissance. » « Nous devons ajouter de nouvelles impulsions de croissance, cela passe par des réformes structurelles », a-t-il ajouté. Il arrive, a précisé le ministre allemand des affaires étrangères, que dans une campagne on fasse des promesses un peu exagérées, mais « une fois le temps des décisions venues, on est conscient de ses responsabilités, non seulement pour son propre pays, mais pour l'Europe ».

21h40. Pendant le discours de François Hollande, Arnaud Montebourg descend dans la cour de Solférino et voit s'agglutiner autour de lui micros et caméras, face auxquels il offre un visage stoïque et pénétré d'attention. Au même moment, le reste des éléphants est resté à l'étage, dans le bureau de Martine Aubry. « Bien joué », « Quel talent », ironisent les militants...

21h30 Hynd Mezaguer, étudiante en journalisme, a voté pour la première fois. « J'ai voté pour la liberté de la presse, contre les patrons de l'audiovisuel nommés par le pouvoir qui aime bien contrôler et aussi pour le social. »

 © Mathieu Magnaudeix © Mathieu Magnaudeix

21h30. Catherine Trautmann, responsable du pôle Europe du PS, assure que « François Mitterrand a été une référence pour François Hollande. En politique, il y a toujours quelque chose qu'on reprend à ceux dont on a appris. François Hollande a construit sa détermination comme François Mitterrand a construit la sienne. Un président de gauche a forcément connu des échecs. Nous, on a aussi connu un traumatisme (en 2002). La fierté ce soir, c'est que la victoire est digne. C'est un rassemblement sur une autre vision de la politique ».

 © Mathilde Mathieu © Mathilde Mathieu

21h15. La Bastille est en fête, les bouchons de champagne sautent. Mais la liesse est loin d'être générale, et l'ambiance par endroits est très calme. « C'est normal, dit Maud, mandataire judiciaire de 25 ans qui a voté Hollande après avoir donné son vote à Jean-Luc Mélenchon au 1er tour. L'écart avec Nicolas Sarkozy est assez décevant. Et puis on sait que le mandat va être mauvais, en tout cas difficile. Dans 5 ans, la droite risque de repasser. » A ses côtés, Ghislaine, juriste de 25 ans, a voté François Hollande pour faire « barrage à la politique xénophobe » de Nicolas Sarkozy. Elle avait voté Mélenchon elle aussi. « J'ai un peu voté Hollande à contrecœur », dit-elle.

21h15. Act-Up en force à la Bastille. « On est une vingtaine de militants », explique la vice-présidente de l'association de lutte contre le sida, Cécile Lhuillier. « Sarko, facho, le peuple a eu ta peau », scandent les militants. Ils chantent et dansent sur la chanson Téléphone crachée par la sono, mais la méfiance est de mise par rapport au président élu. « On est ravis de pouvoir fêter la fin de l'ère Sarkozy. Mais sur les franchises médicales, l'accès aux soins post-mortem, le droit au séjour pour les étrangers malades, les putes, on l'a trouvé frileux. On est là pour faire savoir qu'il va falloir se mettre au boulot tout de suite. On sera là pour le lui rappeler. » Leur pancarte porte un message clair : « Le changement, ça doit être vraiment maintenant. »

 © Mathieu Magnaudeix © Mathieu Magnaudeix

21h15. A Solférino, la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann réagit à la victoire de François Hollande : « Je suis dans l'optimisme raisonnable et raisonné. En 1981, nous étions à rebours de l'histoire. Là, nous sommes dans un contexte où l'on peut construire et être soutenus en Europe. François Hollande est un politique, pas un dogmatique, il est sensible aux rapports de force. » Dans la cour, l'historien François Durpaire explique que « dans l'histoire, les présidentielles se portent sur un diviseur ou un rassembleur. Comme Obama en 2008, il y a là un besoin de rassemblement. Après, il faudra passer d'une conception mono-identitaire de la France à une conception pluri-identitaires. Il faut assumer que la France a plusieurs héritages, pas seulement un héritage chrétien. »

21h05. Martine Aubry et le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, sont sur le balcon de Solférino. Ovation de la foule qui scande : « On a gagné ! » L'un des proches de la secrétaire nationale du PS glisse : « Ça aurait quand même eu une autre gueule avec elle... »

20h50. Place de la Bastille, Nadia et Zeineb, 22 ans, étudiantes à la Sorbonne, sont venues de Torcy (Seine-et-Marne) avec un drapeau français, « pas tant pour soutenir François Hollande que pour fêter la fin du sarkozysme ». « La victoire de ce soir, c'est l'espoir de retrouver une certaine cohésion sociale, lancent les jeunes femmes de confession musulmane. Sarkozy, c’était la stigmatisation permanente. » Etudiante en droit fiscal, Zeineb ne « croit pas à une véritable révolution fiscale, pas plus qu'à une renégociation profonde des traités européens », mais elle « sait », pour sûr, que « monter les Français les contre les autres, c'est fini ».

Zeineb et Nadia, 22 ans © Mathilde Mathieu Zeineb et Nadia, 22 ans © Mathilde Mathieu

20h45. Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino : « Mon état d'esprit, c'est un peu de tristesse. Et puis un sentiment, peut-être, d'injustice, parce qu'il (Sarkozy) a accompli quelque chose d'extraordinaire pendant ces quatre années face à la crise. » Il n'éprouve « aucun regret » sur la campagne menée par Nicolas Sarkozy : « C'est une campagne qu'il a voulue, qu'il a choisie, qu'il a portée avec une force extraordinaire. »

20h40. A la Mutualité, soirée de l'UMP. Franck Riester, député de la 5e circonscription de Seine-etMarne, juge qu'«une démocratie sans contre-pouvoir, c'est problématique. On doit tous être rassemblés derrière les 577 candidats pour le troisième tour que sont les législatives. 52 %, ce n'est pas un tsunami quand on voit comment Zapatero a été balayé et Berlusconi n'a pas pu finir son mandat».

20h40. Nicolas Sarkozy prend la parole dans la salle de la Mutualité, où sont réunis les militants UMP. «Ce choix démocratique et républicain doit être respecté», dit-il face à une salle chauffée à blanc et protestant contre la victoire du candidat socialiste. «Je porte toute la responsabilité de cette défaite et je veux en tirer toutes les conséquences (...) Une autre époque s'ouvre, je resterais l'un des vôtres, vous pouvez compter pour moi (...) mais je redeviens un Français comme les autres. Après 35 ans de mandats politiques, après 10 ans de fonctions ministérielles et 5 ans de présidence, ma place sera différente», a-t-il déclaré.

Discours de Nicolas Sarkozy à La Mutualité © Nicolas Sarkozy

20h35. Place de la Bastille. Olivier Palduplin, 42 ans et son compagnon Philippe, 52 ans. «On a eu le changement! Pour moi, ca ne changera pas beaucoup de choses. Mais les étrangers vont pouvoir voter dans notre pays aux municipales, et c'est normal puisqu'ils paient des impôts. Les couples qui s'aiment vont pouvoir se marier s'ils le desirent. Nous, on est ensemble depuis 13 ans et on ne l'envisage pas. Mais c'est bien que tout le monde ait les memes droits en France».

 © Mathieu Magnaudeix © Mathieu Magnaudeix

 

Lucas, militant Europe Ecologie Les Verts, représente les écologistes à La Bastille. « C’est aussi notre victoire, dit cet étudiant en relations internationales. J’espère que les écologistes auront une place dans son gouvernement. Je vois bien Eva Joly à la tête d’un Commissariat de lutte contre l’évasion fiscale, qui rassemblerait Tracfin et toutes les administrations nécessaires. Ca aurait du sens ! »

 © Mathilde Mathieu © Mathilde Mathieu


20h30. Jean-Luc Mélenchon félicite le nouveau président et estime que «son avantage lui donne les moyens d'agir. Une page est tournée, une autre commence pleine d'exigences ». Vis-à-vis de son prédécesseur, il tanche:  «Sarkozy, c'est fini, enfin ! Ainsi est réglé le compte du fossoyeur des acquis sociaux et des services publics de notre République. (...) Sa défaite est celle de son projet d'extrême-droitisation.»

20h20. Devant Solférino, les gens ouvrent des bouteilles de champagne et chantent les White Stripes... Po popopo pooo... « Ça c'est fait ! », hurle un militant socialiste avant des « On a gagné ! ». Un jeune conseiller glisse : « Nous on a jamais connu ça. On est la génération 2002. » Pour Jean-Michel Baylet, « en 81 c'était la première victoire, on était presque surpris. Là, on sentait au fil des mois que l'ambiance était bonne. Francois Hollande a fait une campagne admirable. Il n'a jamais varié. Maintenant, il faut rassembler les Francais, montrer à chacun qu'on les respecte ». Le porte-parole de campagne du nouveau président de la République, Bernard Cazeneuve, assure que « c'est un grand bonheur et un immense sens des responsabilités » : « Nous sommes obsédés par l'idée de ne pas décevoir dans l'exercice du pouvoir, dit-il. Nous voulons réussir pour rassembler le pays. Dès demain nous serons au travail. » De son côté, Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS à la Coopération, indique : « Le plus dur commence, mais le plus dur est fait ! »


20h15. Place de la Bastille, cris et chants à l'annonce des resultats. « Sarkozy à la retraite! » « Degage! » On ouvre le champagne. Sur l'écran géant on voit des images de militants UMP en pleurs. « Regarde, ils ont même tatoué NS sur leurs joues ». Jean-François Copé apparaît a la télé sur France 2: « Au bûcher! », crie un petit groupe. Nadine Morano est, elle, copieusement sifflée. Nicolas Sarkozy apparaît: « Casse toi pov'con ! »

 © Maurine, auxiliaire de personnes âgées (photo: Mathilde Mathieu) © Maurine, auxiliaire de personnes âgées (photo: Mathilde Mathieu)

« Ca y est, on l'a dégagé !, hurle Maurine, auxiliaire de vie auprès de personnes âgées. Nos petites vieilles, elles n’en pouvaient plus de Sarkozy. Pendant qu’il s’augmentait son salaire de 170%, elles coupaient leur steack en quatre ! Elles payaient leur motte de beurre 1,10 euros. Sarkozy en avait rien à foutre ! Nous, les Noirs des Antilles, qui aimons Aimé Césaire, on est heureux de l'avoir mis dehors.»

 © Mathilde Mathieu © Mathilde Mathieu

20h10. Nicolas Sarkozy aux barons de l'UMP : « Ne vous divisez pas, restez unis. Il faut gagner la bataille des législatives. Elle est gagnable. Le score est honorable. Je ne mènerai pas cette campagne. » Il doit se rendre à la Mutualité où, selon les éléments communiqués à la presse, il devrait dire : « Je deviens un citoyen parmi vous ».
Jean-François Copé, patron de l'UMP, a appelé à la «mobilisation générale pour les législatives». Il a aussi adressé ses « voeux de succès » à François Hollande.

20h05. Ministres et responsables UMP arrivent au même moment, peu avant 20 heures, bien plus tard qu'au premier tour. Guillaume Peltier s'adresse aux journalistes et explique qu'il faut mettre le cap sur les législatives. Benjamin Lancar explique: «Nous avons 5 semaines pour que le PS n'ait pas les pleins pouvoirs». Jean-Marie Bockel lance un appel pour reconstruire un mouvement de centristes. Des sources à l'UMP affirme que Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il ne mènerait pas la bataille des législatives, une bataille «gagnable» selon lui.

20h. François Hollande est élu président de la République. Les premières estimations font état de 52% des voix pour le candidat socialiste contre 48% pour Nicolas Sarkozy. La droite perd la présidence de la République après dix-sept années de pouvoir. Nicolas Sarkozy est le premier président sortant à ne pas être réélu depuis Valéry Giscard d'Estaing en 1981.

  • Harris Interactive/Viadeo : Hollande 51,9% Sarkozy 48,1% abstention 18,6%.
  • CSA: Hollande 51,8% Sarkozy 48,2 % abstention 19,6%.
  • TNS-Sofres/Sopragroup: Hollande de 52% Sarkozy 48% abstention de 19,5%.
  • Ipsos : Hollande 51,9% Sarkozy 48,1%.
Pas de mobilisation sans confiance
Pas de confiance sans vérité
Soutenez-nous