Les prostituées chinoises témoignent de la répression policière à Belleville

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Insultes, humiliations, contrôles d’identité intempestifs et arrestations : les pouvoirs publics veulent les évincer des boulevards. Elles racontent.

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Les prostituées chinoises du quartier de Belleville, à Paris, n’ont jamais aperçu de policier avec plaisir, mais depuis le 20 mai leur crainte de l’uniforme s’est transformée en terreur. « Je ne peux plus sortir de chez moi, j’ai peur d’aller faire les courses et je n’ai pas eu de client depuis plus de trois semaines », témoigne, inquiète, Yuyi, 45 ans. Cette « marcheuse » est habillée sobrement, comme l’immense majorité de ses compagnes d’infortune, afin de ne pas tomber sous le coup de la loi contre le racolage. Entourée de plusieurs membres des Roses d’acier, l’association qui regroupe les prostituées du quartier, et d’un interprète – elle ne parle pas français – la quadragénaire se concentre, cherche ses mots et tente d’être la plus précise possible. En prenant la parole, elle veut rendre visible et incarner la répression policière accrue dont sont victimes les prostituées de Belleville depuis que les pouvoirs publics ont décidé que leur activité était devenue indésirable dans ce quartier.