En sept volets, nos nouvelles révélations sur l'Ecureuil

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C'est une enquête horsnormes, dont Mediapart commence aujourd'hui la publication. Hors normes parce qu'elle s'appuie sur plus d'une vingtaine dedocuments confidentiels, que nous dévoilerons au gré des sept volets de notresérie. Ces documents apportent des éclairages souvent saisissants sur les dysfonctionnements qui ont plongé les Caisses d'épargne dans une crisesans précédent. Aussi, parce qu'elle vient illustrer certains des mécanismes de lacrise financière qui a secoué la planète avant de se transformeren une crise économique historique. Enfin, parce qu'elle vient confirmer,et même au-delà, le bien-fondé d'une première enquête conduite parMediapart, qui avait fait l'objet d'une rafale de plaintes en diffamation,intentées par l'ancienne direction de la banque contre notre journal – plaintesqui viennent d'être retirées. Puisque le procès que voulait nous intenter la direction des Caisses d'épargne, l'ancienne et la nouvelle, n'aura pas lieu, notre offre de preuves, c'est à nos lecteurs que nous la devons: la voici!
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C'est une enquête hors normes, dont Mediapart commence aujourd'hui la publication. Hors normes parce qu'elle s'appuie sur plus d'une vingtaine de documents confidentiels, que nous dévoilerons au gré des sept volets de notre série. Ces documents apportent des éclairages souvent saisissants sur les dysfonctionnements qui ont plongé les Caisses d'épargne dans une crise sans précédent, la plus grave qu'un établissement financier ait jamais traversé en France. Cette enquête vient du même coup illustrer, au travers d'une banque emblématique en France, celle de l'Ecureuil, qui a longtemps été le symbole du Livret A et de l'épargne populaire, certains des mécanismes de la crise financière qui a secoué la planète avant de se transformer en une crise économique historique. Enfin elle vient confirmer, et même au-delà, le bien-fondé d'une première et longue enquête conduite par Mediapart, qui avait fait l'objet d'une rafale de plaintes en diffamation, intentées par l'ancienne direction de la banque contre notre journal – plaintes qui viennent d'être retirées.

 

Cette enquête n'est certes pas la première que mène Mediapart sur les Caisses d'épargne. J'en ai déjà conduit plusieurs, dont j'ai détaillé l'ambition dans les deux vidéos ci-contre, l'une mise en ligne le jour du lancement de notre pré-site, le 2 décembre 2007, pour expliquer les raisons de ma participation à l'aventure Mediapart; la seconde, mise en ligne le 13 mars 2008, pour présenter plus précisément les buts poursuivis par la première enquête sur les Caisses d'épargne.

 

Mais cette nouvelle enquête va encore plus loin que les précédentes. Si le journalisme d'investigation se heurte souvent à de grandes difficultés, l'exercice est encore plus difficile en matière économique, où la transparence est rarement admise, et plus encore dans le domaine des banques, où le secret est un principe absolu. Or, ce secret, qui est parfois un paravent trop commode et qui à la faveur de la crise a été de plus en plus controversé, nous sommes parvenus dans le cas des Caisses d'épargne à le briser. Nous avons rencontré de très nombreux témoins qui, jusque dans les sommets de la banque – au sein même de son directoire et de son conseil de surveillance –, au sein des Banques populaires avec lesquelles les Caisses d'épargne vont fusionner, au sein aussi de la Commission bancaire (le gendarme des banques), et au ministère des finances, ont accepté, confidentiellement, de nous aider. Parce que beaucoup ont jugé que dans la crise des Caisse d'épargne, tout n'avait pas été dit ; que la page avait été trop vite tournée ; que la vérité n'avait pas encore été publiquement établie.

 

Bref, par sens civique, parce que cette crise des Caisses d'épargne a débouché sur un plan de sauvetage passant par un mariage entre cet établissement et les Banques populaires, mais aussi par des subsides publics, c'est-à-dire parce que les contribuables ont été appelés à la rescousse pour sauver l'Ecureuil, des hauts fonctionnaires, des banquiers de haut rang, des membres du conseil de surveillance ont pris le risque de nous aider. C'est donc grâce à toutes ces aides que nous sommes parvenus à conduire notre enquête. Et à obtenir des documents confidentiels, dont le lecteur comprendra vite qu'ils sont, en ces affaires bancaires, d'un exceptionnel intérêt.

 

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