Mitterrand ou la gauche face à son grand deuil

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Il y a vingt ans, le 8 janvier 1996, décédait à Paris François Mitterrand qui fut le premier président de la Cinquième République élu à gauche, sous la bannière du Parti socialiste. Revisiter cette époque, d’où sont issus ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir, c’est prendre la mesure de l’égarement d’une gauche de gouvernement, devenue droite de remplacement.

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« Ce sera comme un grand deuil. » Le 24 mars 1993, après des élections législatives catastrophiques pour la gauche, François Mitterrand tient à l’Élysée son dernier conseil des ministres avec ceux de son camp avant de devoir cohabiter avec la droite, pour les deux ans de présidence qui lui restent. Durant vingt minutes, sans notes, il va s’adresser aux quarante et un ministres et secrétaires d’État, en présence du premier ministre, Pierre Bérégovoy, dont le suicide, le 1er mai suivant à Nevers, résonnera comme l’écho funèbre de cette déclaration crépusculaire.