Grande manœuvre sarkozyenne: Rocard en ouverture

Par

En acceptant de co-présider avec Alain Juppé une commission qui devra conseiller Nicolas Sarkozy sur le grand emprunt, Michel Rocard fait franchir une étape au présidentialisme en humilitant un peu plus la gauche. L'ouverture façon Sarkozy modifie la structure du pouvoir et les hiérarchies administratives. Déjà, un autre remaniement se prépare.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Michel Rocard ne s'est pas démonté, mardi 7 juillet, quand le journaliste de RMC l'interroge sur les conditions de sa nomination à la tête du groupe de réflexion sur l'emprunt qui sera lancé en 2010: «Nicolas Sarkozy m'a appelé mercredi dernier [1er juillet]. Non, je n'ai pas beaucoup hésité. La France est un pays bizarre. Le fait que majorité et opposition travaillent ensemble est une constante de toutes les démocraties. Partout, tous les gouvernements ont besoin de faire passer des choses sur lesquelles la façon de penser, la sensibilité et les informations connues de l'opposition ont besoin d'être intégrées à la machine. Tout le monde le fait partout. Mais en France nous avons un tel goût de la dramatisation et de la bagarre – pour le principe, nous aimons nous engueuler – que ça surprend et que ça devient presque inhabituel. Je trouve ça dommage.»