A la prison de Seysses, des doutes subsistent autour d’une mort au mitard

Par Emmanuel Riondé

Deux détenus sont morts mi-avril entre les murs de la maison d’arrêt de Seysses, à proximité de Toulouse. Pour l’un d’eux, Jaouad, 27 ans, la thèse du suicide avancée par les autorités est contestée par des codétenus, qui dénoncent une mort « provoquée par la violence des matons ». Depuis des mois, des prisonniers alertent sur des faits inquiétants au sein de cet établissement pénitentiaire.

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Le soufflé médiatique est vite retombé. Mais la douleur de la famille, elle, demeure. Et les réponses tardent. Que s’est-il passé les 14 et 15 avril à la maison d’arrêt de Seysses (Haute-Garonne), située à une vingtaine de kilomètres au sud de Toulouse, où deux détenus ont été retrouvés pendus ? Pour l’un d’entre eux, mort le jeudi suivant à l’hôpital, et qui se trouvait dans une cellule du service médico-psychologique, l’hypothèse d’un suicide n’est pas remise en cause. Pour l’autre, en revanche, quatre semaines plus tard, la confusion demeure sur les circonstances exactes de son décès. Jaouad, 27 ans, incarcéré en préventive depuis décembre, a été retrouvé mort samedi 14 avril dans l’une des neuf cellules du quartier disciplinaire, le « mitard », où il avait été placé quelques heures auparavant.