L'axe Turquie-Iran constitue un mince espoir pour le Moyen-Orient

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Ouvert depuis un siècle, le dialogue tantôt cordial – comme cette semaine lors de la visite d'État d'Erdogan à Téhéran – tantôt tendu entre les deux pays est l’un des rares facteurs d’apaisement dans la région, et pourrait offrir une solution politique de sortie de crise au conflit yéménite.

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Après la brouille, la visite d’État. En marge du conflit au Yémen, la relation entre la Turquie et l'Iran, les deux grands anciens empires de la région, a de quoi donner le tournis. Rappel chronologique des faits : jeudi 26 mars, alors que l’Arabie saoudite lance les premiers bombardements de la coalition contre les forces houthistes (rébellion zaydite, branche minoritaire de l'islam chiite) au Yémen, la Turquie fait part de son intention sinon de rejoindre l’offensive, du moins d’envoyer un contingent d'officiers pour instruire les troupes qataries qui y participent. « L'Iran doit changer d'approche et retirer ses troupes au Yémen », déclare dans la foulée le président turc Erdogan, accusant par la même occasion Téhéran de soutenir les Houthistes en sous-main. Dès le lendemain, le ministre iranien des affaires étrangères accuse à son tour le président turc de « semer l'instabilité au Moyen-Orient ». Opposés sur le terrain yéménite, offensifs dans leurs déclarations, Turcs et Iraniens semblent inévitablement au bord de la rupture diplomatique.