Apprentissage: «C’est le monde réel, nous y sommes plongés sans filet»

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Le projet de loi réformant l’apprentissage, examiné lundi 11 juin à l’Assemblée nationale, va rapprocher encore plus les lieux de formation des entreprises, en confiant le pilotage du réseau aux branches professionnelles, au détriment des régions, maîtresses de l’ancien système. Les apprentis, qui pour un quart d’entre eux abandonnent en cours de route, ne seront pas davantage protégés. Seule une petite augmentation de leur rémunération leur est concédée.

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Pour rejoindre son centre de formation en apprentissage (CFA) à Meaux, à l’extrême est de la région parisienne, depuis sa chambre de Mantes-la-Jolie, Ousmane* endure deux heures et demie de transport. Le jeune Malien, mineur isolé étranger installé en France depuis 2016, monte dans un bus, attrape un RER, se rue dans le métro pour ne pas rater son train et finit à pied. Au retour, même combat, même interminable voyage. Mais la formation en boucherie qu’il suit depuis la rentrée est son Graal et vaut largement de passer tant de temps dans les transports en commun.