Hollande relance la loi sur la reprise des sites rentables

Par

Après des mois de tergiversations au sommet du pouvoir, François Hollande a annoncé lundi 11 février qu'il tiendrait l’engagement 35 de sa campagne, scandé lors de sa tournée des usines il y a un an : une loi sur la reprise des sites « rentables » sera inscrite dans le calendrier parlementaire.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Après des mois de tergiversations au sommet du pouvoir, François Hollande a annoncé lundi 11 février qu'il tiendrait l’engagement 35 de sa campagne, scandé lors de sa tournée des usines il y a un an : une loi sur la reprise des sites rentables sera inscrite dans le calendrier parlementaire. « Il y a un engagement qui a été pris sur les sites rentables et il trouvera sa place dans le calendrier parlementaire », a-t-il déclaré en marge de l'inauguration d'un nouveau bâtiment des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine, en banlieue parisienne. Le chef de l'Etat a rappelé par ailleurs qu'au titre de l'accord sur l’emploi, signé récemment « entre certains partenaires sociaux, il y aura une traduction pour renchérir un certain nombre de licenciements ou pour faire en sorte que la précarité soit combattue davantage qu'elle ne l'est aujourd'hui ».

Le président de la République aurait-il enfin entendu l’appel des milliers de salariés de l’industrie en France, des M-Real, des ArcelorMittal ou encore récemment des Goodyear ? Régulièrement, depuis son investiture, comme lors de la manifestation contre les licenciements boursiers du 29 janvier dernier près du ministère du travail, des délégations d’ouvriers, de grandes ou petites usines, rappellent Hollande à ses promesses-phare : une loi pour interdire les licenciements boursiers dans les entreprises qui réalisent des bénéfices et une autre, contre tout industriel qui veut fermer un site rentable pour assécher la concurrence.

L’annonce intervient opportunément à la veille du grand rassemblement, mardi 12 février, devant le siège du géant américain du pneumatique Goodyear à Rueil-Malmaison. Le groupe doit sceller son projet de fermeture de l’usine d’Amiens-Nord dans la Somme qui emploie 1 200 personnes lors d’un comité central d’entreprise. Plus de 700 salariés de l’usine d’Amiens-Nord feront le déplacement à l’appel de leurs syndicats. Le collectif des Licenci'elles, regroupant des ex-salariés des Trois-Suisses, de la Fnac ou de Fralib, remerciés à la suite d'une restructuration, ainsi que des délégations d’usines frappées par un plan social, Sanofi, PSA, ArcelorMittal, Candia, Coca-Cola, etc., se joindront au mouvement.

L’interdiction des licenciements dits boursiers dans les entreprises qui réalisent des bénéfices est la revendication essentielle des salariés qui manifestent ce mardi devant le siège de Goodyear France. Par cette annonce, François Hollande cherche à désamorcer la colère qui gronde depuis des mois dans nombre d’usines frappées par la violence économique et les plans sociaux. Face à la multiplication des bombes sociales et aux accusations de passivité, le chef de l’Etat se devait de réagir. Mais les salariés, qui vont de douches froides en douches froides, restent prudents. Ils demandent à voir le contenu de cette loi, pomme de discorde comme l’avons relaté ici et encore entre partenaires sociaux et ministères...