Pour la première fois, un général reconnaît la «faute» de la France au Rwanda

Par David Servenay

Jamais un officier de si haut rang de l’armée française n'avait dressé un bilan aussi sévère de l’action de la France avant et pendant le génocide de 1994 au Rwanda. Dans un entretien à Mediapart et à la cellule investigation de Radio France, le général Jean Varret dénonce les « fautes » de la France commises sous la pression d’un « lobby militaire ». Premier épisode d’une série d’enquêtes et de reportages que nous publions vingt-cinq ans après la tragédie rwandaise.

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Il a longuement hésité avant de parler. Est-ce le temps qui passe ? Ces heures interminables à cogiter sur un lit d'hôpital, à la suite d'un accident de montagne ? Voire le souci de laisser à ses proches le souvenir d'un homme resté fidèle à ses convictions ? C’est en tout cas la première fois qu'un officier de si haut rang de l’armée, le général de corps d'armée Jean Varret, dresse un bilan très sévère de l'action que la France a menée au Rwanda, à partir d'octobre 1990 et jusqu'au génocide de 1994.