Rwanda, vingt-cinq ans après le génocide

Rwanda, vingt-cinq ans après le génocide

L’implication de la France, le régime de Paul Kagame, la justice transitionnelle et internationale, les recherches et l'enjeu crucial des archives: retrouvez nos analyses, enquêtes et reportages.

Au Rwanda, la solitude des Justes

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Damas Gisimba a protégé des enfants tutsis dans son orphelinat. © Justine Brabant Damas Gisimba a protégé des enfants tutsis dans son orphelinat. © Justine Brabant

Alors que leurs voisins éliminaient systématiquement les Tutsis, eux ont choisi de les sauver. Comment leur rendre hommage ? Vingt-cinq ans après le génocide, la place réservée par les Rwandais à leurs « Justes » incarne les tiraillements d’une société aux plaies encore à vif.

Rwanda: un million de morts et une tache sur le drapeau français

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rwanda

Il y a vingt-cinq ans débutait à 6200 kilomètres de Paris, dans un confetti de l’Afrique équatoriale appelé Rwanda, le dernier génocide du XXe siècle. Il y a vingt-cinq ans, la France s’est compromise avec un régime génocidaire. Voici pourquoi.

Génocide des Tutsis au Rwanda: l’Histoire en terrain miné

Par David Servenay

Cerner les contours du dernier crime de masse du XXe siècle pour en écrire l’histoire suppose de progresser au milieu d’une grande confusion intellectuelle, de blocages politiques, de silences militaires et de pièges tendus par les révisionnistes.

Génocide au Rwanda: les trop petits gestes d’Emmanuel Macron

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Paul Kagame et Emmanuel Macron à l’Élysée, le 23 mai 2018. © Reuters Paul Kagame et Emmanuel Macron à l’Élysée, le 23 mai 2018. © Reuters

Le président de la République ne se rendra pas à Kigali pour le 25e anniversaire du génocide. Mais il a promis d’ouvrir à un comité d’historiens trié sur le volet « l’ensemble des fonds d’archives ». Qu’en sera-t-il vraiment ?

Rwanda: l’ère du mensonge

Par David Servenay
François Mitterrand, le 30 septembre 1993. © Reuters François Mitterrand, le 30 septembre 1993. © Reuters

Vingt-cinq ans après le génocide, les fantômes du Rwanda divisent encore profondément l’armée française: d’un côté, les tenants de l’honneur de la France qui aurait tout fait pour ramener la paix ; de l’autre, les pourfendeurs des « fautes » inavouées de la politique menée par l’Élysée de François Mitterrand.

«Opération Turquoise»: les derniers secrets de la France aux deux visages au Rwanda

Par David Servenay
Le général Lafourcade (à g.), commandant de la force Turquoise au Rwanda, avec le premier ministre Édouard Balladur, le 21 juillet 1994, à Goma. © Reuters Le général Lafourcade (à g.), commandant de la force Turquoise au Rwanda, avec le premier ministre Édouard Balladur, le 21 juillet 1994, à Goma. © Reuters

Alors que le génocide est quasiment achevé, la France lance, fin juin 1994, l’opération Turquoise. Officiellement, c’est une opération « humanitaire » pour sauver le plus de civils possible. En réalité, cette opération va figer les positions militaires, sauver les gros poissons du génocide et constituer l’origine d’un mensonge toxique, dont l’armée française n’est toujours pas guérie vingt-cinq ans après.

Pour la première fois, un général reconnaît la «faute» de la France au Rwanda

Par David Servenay
Le général à la retraite Jean Varret. © Benît Collombat, de la cellule investigation de Radio France Le général à la retraite Jean Varret. © Benît Collombat, de la cellule investigation de Radio France

Jamais un officier de si haut rang de l’armée française n'avait dressé un bilan aussi sévère de l’action de la France avant et pendant le génocide de 1994 au Rwanda. Dans un entretien à Mediapart et à la cellule investigation de Radio France, le général Jean Varret dénonce les « fautes » de la France commises sous la pression d’un « lobby militaire ». Premier épisode d’une série d’enquêtes et de reportages que nous publions vingt-cinq ans après la tragédie rwandaise.

Génocide au Rwanda: révélations sur les mensonges de la France

Par et Benoît Collombat (Radio France)
Les débris de l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, abattu le 6 avril 1994. © Reuters Les débris de l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, abattu le 6 avril 1994. © Reuters

De l’attentat contre le président rwandais Habyarimana aux ventes d’armes illégales en faveur du régime génocidaire, Mediapart et Radio France révèlent des documents inédits, dont une note de la DGSE, sur le génocide contre les Tutsis du Rwanda, qui a fait près d’un million de morts en 1994.

Génocide des Tutsis au Rwanda: la vidéo qui accable l’armée française

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A droite, le colonel Jacques Rosier, patron des opérations spéciales françaises au Rwanda. © DR A droite, le colonel Jacques Rosier, patron des opérations spéciales françaises au Rwanda. © DR

Mediapart rend publique une vidéo filmée à l’été 1994 par des militaires français, qui jette une lumière crue sur la passivité de l’armée pendant l’un des événements les plus embarrassants pour la France dans le dossier rwandais : le massacre de Bisesero.

Paul Kagamé, autocrate certes éclairé du Rwanda, mais autocrate tout de même

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Paul Kagamé en 2012, à Londres. © Department for International Development Paul Kagamé en 2012, à Londres. © Department for International Development

Vingt ans après le génocide des Tutsis, il est difficile de ne pas admirer les réussites du président rwandais. Mais les éléments les plus sombres de son régime, tus pendant longtemps, menacent de le rattraper.

Le saisissant «examen de conscience» d’un historien face au génocide des Tutsis

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Stéphane Audoin-Rouzeau, historien de la Grande Guerre, a été ébranlé par ses séjours au Rwanda. Il livre un texte à la fois personnel, scientifique et cinglant sur l’implication de la France dans le génocide des Tutsis, qui résonne d’un poids particulier sous la plume de ce « conservateur », spécialiste de l’anthropologie du combat et des massacres de masse.

Le Rwanda va enquêter sur le rôle de 20 militaires français dans le génocide

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Lassé par l’interminable instruction française sur l’attentat déclencheur du génocide des Tutsis, Kigali a décidé d’ouvrir une enquête sur l’implication de vingt militaires français dans ce qui s’est passé en 1994.

Rwanda: les preuves d'un mensonge français

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Un guide rwandais montrant une photo de l'armée française à Bisesero durant le génocide. © Thomas Cantaloube/Mediapart Un guide rwandais montrant une photo de l'armée française à Bisesero durant le génocide. © Thomas Cantaloube/Mediapart

Des documents militaires inédits, dont Mediapart et France Inter ont pris connaissance, montrent que l’armée française a laissé se perpétrer en connaissance de cause des massacres contre la minorité tutsie pendant le génocide au Rwanda en 1994, alors même que sa mission confiée par les Nations unies était de les empêcher. Ces documents sont aujourd'hui entre les mains de la justice.

Le PS déprogramme un colloque sur le génocide au Rwanda à l’Assemblée

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Un colloque international sur le génocide des Tutsis, prévu à l’Assemblée nationale le 19 octobre, aura finalement lieu au Sénat. En cause : le refus in extremis du groupe socialiste de prêter une salle. Il invoque un problème d'agenda. Les organisateurs s’insurgent.

Rwanda: la France est visée par une plainte pour complicité de génocide

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L'association Survie a déposé lundi 2 novembre 2015 une plainte contre X visant la possibilité que la France se soit rendue complice du génocide contre les Tutsis en livrant des armes au régime rwandais début 1994. Plusieurs documents et déclarations étayent cette plainte.

France-Rwanda : la vraie-fausse déclassification des archives de l’Elysée

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Le mémorial de Bisesero, Rwanda, février 2014 © Thomas Cantaloube Le mémorial de Bisesero, Rwanda, février 2014 © Thomas Cantaloube

En laissant entendre qu'il rendait publics les documents de la présidence Mitterrand sur le génocide rwandais, l'exécutif a prétendu jouer la transparence. En fait, il n'en est rien : ces archives sont sans doute déjà connues et les plus pertinentes sont dans les ministères de la défense et des affaires étrangères, qui manient la langue de bois.

Hélène Dumas: Rwanda 1994, ce génocide «des voisins»

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La chercheuse française a suivi pendant plusieurs années les procès villageois « gacaca », ayant permis de faire émerger le jeu des responsabilités locales qui ont tant marqué les survivants.

«En direct de Mediapart» : Rwanda, la responsabilité de la France

Vidéo dans l'article Vidéo dans l'article

Que sait-on sur l'annonce du génocide des Tutsis, la livraison d'armes aux génocidaires, le transfert d'argent en France ? Le journaliste Patrick de Saint-Exupéry et la juriste Rafaëlle Maison répondent aux questions de Joseph Confavreux et Edwy Plenel.

Manuel Valls, la France et le génocide rwandais

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Dans la déclaration de politique générale du premier ministre, ses propos sur le génocide au Rwanda me sidèrent. Regarder en face le passé, c'est-à-dire en vérité, sans mensonge. La grandeur de la France, évoquée par Manuel Valls, suppose aussi de regarder nos erreurs. Faudra-t-il des décennies pour que la France regarde en vérité son passé, son histoire ? Dire simplement ce fait d'histoire, que la France fut complice du génocide du Rwanda, est-ce si difficile ?

 

 

Rwanda: comment s'élabore la mémoire du génocide

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Dans le memorial de Biserero. © (TC) Dans le memorial de Biserero. © (TC)

Les souvenirs des massacres de 1994 sont présents au quotidien dans les têtes des Rwandais, mais aussi dans l'espace géographique, avec des mémoriaux à différents endroits du pays. « Nous avons affaire à l’esprit des gens, et c’est quelque chose de très compliqué », dit une victime pour expliquer la difficulté du travail en cours. Reportage à Biserero et à Nyange, deux lieux de tueries.

Rwanda : le déshonneur de la France

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Le gouvernement français a annulé sa venue aux commémorations, lundi 7 avril, du vingtième anniversaire du génocide des Tutsis. Cette brusque décision est motivée par les déclarations du président du Rwanda, Paul Kagamé, sur « le rôle direct de la Belgique et de la France dans la préparation politique du génocide et la participation de cette dernière à son exécution même ». Satisfaisant l’injonction d’Alain Juppé de « défendre l’honneur de la France », ce choix marque plutôt son déshonneur. Parti pris.

Paul Kagamé, l'autocrate éclairé qui a remis le Rwanda sur pied

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Paul Kagamé en 2012, à Londres. © Department for International Development Paul Kagamé en 2012, à Londres. © Department for International Development

Vingt ans après le génocide des Tutsis, il est difficile de ne pas admirer les réussites du président rwandais. Mais les éléments les plus sombres de son régime, tus pendant longtemps, menacent de le rattraper.

France-Rwanda: les meilleurs ennemis et une impossible relation

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En dépit d'un effort de rapprochement sous la présidence Sarkozy, le passif entre les deux pays est trop important. Le Quai d'Orsay a fait savoir, ce 5 avril, que la France annulait sa participation aux commémorations du génocide après des déclarations du président rwandais accusant des soldats français d'avoir participé aux massacres. L'ambassadeur de France à Kigali est persona non grata aux cérémonies.

Dès 1990, l'Elysée est informé du projet de génocide

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Le génocide des Tutsis qui débute le 6 avril 1994 n'est pas un embrasement soudain. Il a été méthodiquement planifié par le pouvoir hutu d'Habyarimana. À tel point que, dès 1990, de nombreux acteurs français sur place (services, militaires, diplomates) font remonter à l'Élysée des alertes de plus en plus précises. C'est ce que détaille le livre Au nom de la France, guerres secrètes au Rwanda, dont nous publions des extraits.

Les archives sonores de Radio 1000 collines

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Victimes du génocide des Tutsi à Murambi au Rwanda Victimes du génocide des Tutsi à Murambi au Rwanda

Il y a vingt ans se produisait le génocide des Tutsis au Rwanda. Jamais autant d’êtres humains ne furent tués en si peu de temps dans toute l’histoire de l’humanité. Si les massacres commencent au mois d’avril, la préparation du génocide débute en amont, notamment avec la propagande de la Radio 1000 collines, créée à l’été 1993. Parcours sonore dans les archives d'un génocide radiodiffusé.

Génocide rwandais: Le capitaine Simbikangwa est enfin jugé à Paris

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Le premier procès du pôle « génocides » du tribunal de Paris s’ouvre mardi, avec un ex-militaire, le capitaine Pascal Simbikangwa, jugé pour « complicité de génocide et de crimes contre l'humanité » dans les événements rwandais de 1994.

Le génocide des Tutsis: deux décennies de procès

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Le premier procès sur le sol français d’un présumé génocidaire est important mais arrive tard, après des centaines de poursuites judiciaires menées notamment par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) situé en Tanzanie.  

Rwanda: l’histoire face aux mensonges de l’Etat français

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Les chercheurs français sont mobilisés pour écrire au plus près l’histoire du génocide rwandais. C'est une réponse au récit officiel tissé de mensonges et de vides qu’a construit l’État français pour dissimuler son implication auprès du pouvoir hutu.

Aux origines du génocide: l’idéologie hamitique

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Parmi les très nombreux livres publiés à l’occasion du vingtième anniversaire du génocide des Tutsis au Rwanda, celui des historiens Jean-Pierre Chrétien et Marcel Kabanda remonte jusqu’au XIXe siècle pour examiner la généalogie précise du génocide et mettre en lumière ses origines européennes, à travers l’idéologie hamitique, miroir de celle opposant « Aryens » et « Sémites ».

Ce qu'apporte la justice dite «transitionnelle» à la fabrique de la démocratie

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Comment passer de la guerre ou de la dictature à la démocratie ? La « justice transitionnelle », inconnue il y a 20 ans, est devenue une norme des sociétés en transition. Un ouvrage en fait l'inventaire, à l’heure où les pays arabes veulent bâtir une démocratie.

«Complices de l'inavouable», l'enquête de Saint-Exupéry

Le journaliste Patrick de Saint-Exupéry réédite son ouvrage de 2004 qui accuse François Mitterrand, certains de ses proches, une poignée de militaires et plusieurs responsables politiques français, dans le déclenchement du génocide rwandais de 1994. Dans une nouvelle préface, l'auteur s'insurge également contre les autorités françaises de droite comme de gauche, et leurs relais médiatiques qui, quinze ans après les massacres, continuent de dresser des rideaux de fumée pour empêcher la diffusion de la vérité. Entretien.

Rwanda : le «rapport Trévidic» concorde avec les analyses de plusieurs services étrangers

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Le Falcon 50 abattu par un missile le 6 avril 1994. © (dr) Le Falcon 50 abattu par un missile le 6 avril 1994. © (dr)

Les autorités rwandaises se félicitent du rapport d’expertise sur l’attentat du 6 avril 1994, acte déclencheur du génocide. Ce rapport remis au juge Trévidic met à bas la thèse construite par le juge Bruguière et éteint quinze années de polémiques nauséabondes. En désignant comme probables auteurs les ultras du régime hutu, il concorde avec les analyses faites de longue date, mais ignorées en France, par les services de renseignements de plusieurs pays.

Au Rwanda, «après les premiers massacres, il était largement possible d'intervenir»

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Alors que Nicolas Sarkozy est aujourd'hui à Kigali, entretien avec André Guichaoua, auteur de Rwanda: de la guerre au génocide. Ce professeur à l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne, témoin-expert au Tribunal pénal international pour le Rwanda, livre une analyse fouillée, sans concession, de cette période et offre aux lecteurs de Mediapart une trentaine de pages de son ouvrage.

Rwanda: réélu d'avance, Kagamé inquiète

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Avec le soutien des pays anglo-saxons, le Rwanda ressemble à un modèle de développement pour l'Afrique. Mais la répression politique de ces derniers mois renvoie à l'ordinaire d'un régime autoritaire.

Rwanda: un rapport questionne la France mais reste vague

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Alors que Bernard Kouchner s'est rendu à Kigali pour renouer les relations diplomatiques franco-rwandaises, les autorités du Rwanda ont laissé filtrer leur propre rapport d'enquête sur l'attentat du 6 avril 1994. Il contredit les thèses du juge Bruguière mais, en se focalisant sur cet unique événement, il ne participe pas vraiment à la reconstruction des origines du génocide.

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