«Opération Turquoise»: les derniers secrets de la France aux deux visages au Rwanda

Par David Servenay

Alors que le génocide est quasiment achevé, la France lance, fin juin 1994, l’opération Turquoise. Officiellement, c’est une opération « humanitaire » pour sauver le plus de civils possible. En réalité, cette opération va figer les positions militaires, sauver les gros poissons du génocide et constituer l’origine d’un mensonge toxique, dont l’armée française n’est toujours pas guérie vingt-cinq ans après.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

« Est-ce que vous voulez savoir ce qui se passe vraiment ? », demande le prêtre. « Oui, nous sommes là pour ça », répond le journaliste. Ce 25 juin 1994, dans l’ouest du Rwanda, au bord du lac Kivu, Vincent Hugeux, l'envoyé spécial de l’hebdomadaire L’Express, est l'un des premiers journalistes occidentaux à découvrir les collines de Bisesero, grâce au père Vjeko, un Croate installé dans le pays depuis plus de vingt ans.