L’ascenseur social français marche à l’envers

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Alors que périodiquement la France s'interroge pour savoir comment fonctionne son ascenseur social, une étude du Centre d'analyse stratégique, qui dépend de Matignon, apporte une réponse tranchée: il marche en dépit du bon sens. «22 % à 25 % des trentenaires et des quadragénaires se retrouveraient aujourd'hui plus bas dans l'échelle sociale que ne l'étaient leurs parents, contre environ 18% au début des années 1980», affirme l'étude. Le constat constitue un véritable réquisitoire contre les politiques économiques qui ont été conduites pendant près de trois décennies.

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«En France, l'ascenseur social est bloqué. Ou s'il marche, c'est seulement à rebours» ; «Nos enfants auront un avenir plus sombre que le nôtre»... C'est un grand classique du débat politique français: à chaque campagne électorale, ces mêmes propos reviennent. Phrases lapidaires, rarement étayées par des chiffres. C'est la raison pour laquelle le rapport publié le 9 juillet par le Centre d'analyse stratégique (l'organisme qui a succédé en 2006 au Commissariat général du Plan et qui dépend de Matignon) est assurément le bienvenu. Car ce document (que l'on peut télécharger ici dans sa version intégrale) met de l'ordre dans une controverse qui est souvent embrouillée. Et il le fait sans précaution diplomatique puisque toute sa démonstration est articulée autour d'un constat choc: «22 % à 25 % des trentenaires et des quadragénaires se retrouveraient aujourd'hui plus bas dans l'échelle sociale que ne l'étaient leurs parents, contre environ 18% au début des années 1980.»