François Hollande, monarque en son miroir

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Dans le livre Un président ne devrait pas dire ça, le chef de l’État se livre au long de 61 entretiens qui donnent à voir un président isolé, commentant tout et rien comme si tout se valait, achevant de le discréditer.

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« Moi je ne fais pas de livre, je ne ferai pas le récit de mon quinquennat. Je n’ai pas envie de raconter. » Cette phrase, c’est François Hollande qui la prononce dans Un président ne devrait pas dire ça…, que viennent de publier les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Elle date de leur dernier rendez-vous, le 61e, le 25 juillet 2016, au terme de plus de 100 heures d’enregistrement. Et elle résume finalement assez bien la déflagration provoquée par l’ouvrage : un flot de paroles ininterrompu, sur tout, sur rien, où tout finit par se valoir, pour le seul plaisir de s’écouter parler, de se regarder faire, et se voir être puissant. À la lecture des 662 pages, copieusement fournies en citations présidentielles, François Hollande apparaît, seul en son Palais, centré sur lui-même, semblant ne plus mesurer la valeur de ce qu’il dit.