Les «interdits de manifester» emportent une petite victoire

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Neuf des dix personnes interdites de manifester ont obtenu gain de cause devant le tribunal administratif. Les notes blanches produites étaient quasiment vides. Mais le fait que l'un des militants n'ait pas obtenu gain de cause prouve qu'il est possible d'interdire a priori de manifester. 

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Il s’en est fallu de très peu pour que la préfecture de police de Paris soit complètement ridiculisée. Neuf opposants à la loi sur le travail ont obtenu gain de cause devant le tribunal administratif, dans le cadre d’une procédure de référé-liberté. Fort de l’état d’urgence lié au terrorisme, le préfet de Paris leur avait interdit de rejoindre les rangs du cortège au motif « qu’il y a tout lieu de penser que leur présence aux rassemblements organisés contre le projet de loi vise à participer à des actions violentes ». La juge a considéré qu’il s’agissait d’une « atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir et à la liberté de manifestation », le préfet de police ne produisant « aucun élément permettant de retenir qu'ils ont personnellement participé à ces dégradations et violences » (voir une des ordonnances en intégralité – elles sont presque toutes similaires). Le tribunal a cependant considéré que pour un dixième opposant, l’interdiction était justifiée.