Une copropriété minée par le trafic

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C’est une copropriété pauvre parmi tant d’autres, dans le nord de Marseille. L’arrivée d’un réseau de deal mine depuis 2014 la vie de ses occupants. Une habitante raconte.

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Au dernier étage de la tour, sous le hublot menant au toit, trône un fauteuil. La corbeille est emplie de cannettes de soda et de Capri-Sun, une boisson aux fruits. Les serrures d’accès aux gaines techniques sont fracturées, les murs noircis au briquet et le sol est jonché d’emballages de Carambar et autres barres chocolatées. « Justice, tous des ripoux », indique un graffiti. Le point de deal est tenu par des mineurs, des gamins qui carburent aux sucreries et ça se voit. Ce matin, ils sont en retard. À 11 heures, ils n’ont toujours pas rejoint leur poste de travail. « Sur le parking, on a vu un guetteur qui n’avait pas plus de 13 ans », dit une habitante, consternée. Elle consent à décrire par le menu le trafic mais, par peur de représailles, ne veut pas que son nom ni celui de sa copropriété apparaissent. En avril 2014, un point de vente de cannabis et de cocaïne tenu par des mineurs s’est installé dans le bâtiment A de cette copropriété de plus de 2 500 habitants, au milieu des grands ensembles du 14e arrondissement de Marseille. En juin 2016, un autre réseau, cette fois de jeunes majeurs, s’est installé dans la tour B.