Déchéance de nationalité: la réforme est définitivement plombée

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En adoptant jeudi soir une version largement remaniée de l'article 2 du projet de réforme constitutionnelle, qui revient à viser les seuls binationaux, le Sénat plante un dernier clou sur le cercueil. François Hollande se donne jusqu'au vote solennel des sénateurs pour prononcer ce qui devrait être une oraison funèbre.

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Quatre mois de débats législatifs, des revirements dans tous les sens, des ruptures politiques irréparables. Et à la fin : rien. L'idée tactique de François Hollande de récupérer une vieille lune de l'extrême droite – la déchéance de nationalité pour les terroristes – tourne au fiasco. Les députés sont sortis lessivés de cette séquence avant que la loi El Khomri ne leur tombe sur la tête ; le gouvernement a dû changer plusieurs fois son discours – un coup contre l'apatridie, un coup pour ; la droite a pu se vanter d'avoir eu raison avant les autres. Ce qui a permis d'occuper l'espace politique assez longtemps pour ne pas parler d'autre chose.