Tarnac: «Mon fils est otage du ministère de l’Intérieur», accuse Gérard Coupat

Par David Dufresne

Entre deux visites à son fils en prison, soupçonné par la police d'être le chef de la «cellule invisible» qui serait impliquée dans des actes de sabotage à la SNCF, le père de Julien Coupat témoigne en vidéo pour Mediapart. Sur l'affaire, sur son fils, sur la justice, sur la police, sur la prison. Yldune Lévy libérée vendredi, Julien Coupat reste le seul de l'affaire en détention provisoire. Une drôle de manœuvre a eu lieu au Palais de justice de Paris, sur laquelle Gérard Coupat revient en détail, et qui a permis son maintien en prison. Tandis que les soutiens se multiplent.

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C’était ce week-end, à deux pas de la prison de la Santé à Paris. Gérard Coupat et son épouse sortaient d’un parloir avec leur fils Julien. Celui dont la photo, donnée par la police à la presse, fait la Une depuis le 11 novembre 2008, quand cent cinquante policiers ont investi sa ferme communautaire de Tarnac (Corrèze).

 

Au café, les deux parents racontent leur colère, leur détermination, leur fils «qui tient le choc» mais, quand même, qui «encaisse». Ils disent sa joie, aussi, vendredi soir, quand son amie Yldune Lévy fut libérée de Fleury-Mérogis où elle était incarcérée pour, comme lui, «destruction en réunion» et «association de malfaiteurs à visée terroriste». Même si la libération de la jeune femme est encore fragile : en fin de semaine, la cour d'appel de Paris doit examiner, au fond, l’appel du parquet contre sa remise en liberté.

Pour des raisons de discrétion, la mère de Julien Coupat préfère rester hors-champ. Elle dit qu’elle ne se montrera que pour le «grand jour», quand son fils sera libéré. Pour l’heure, seul son père, Gérard Coupat, accepte de parler face à la caméra. Pour Mediapart, il revient sur l’affaire. Sur la surveillance serrée dont furent l’objet Julien Coupat, ses amis mais, aussi, lui et son épouse. Sur le rapport de police qui accuse son fils. Sur le militantisme de ce dernier, et celui de ses proches. Sur la «piste allemande» étonnamment connue de la police française mais ignorée par elle (en résumé : il s’agit d’un communiqué provenant d’outre-Rhin, revendiquant les sabotages en France, daté de deux jours avant les arrestations de Tarnac et envoyé à la presse berlinoise).

 

De tout cela, Gérard Coupat parle volontiers. Avec conviction. Et avec colère. Une colère qui monte. A son fils, qu’il désigne comme «otage du ministère de l’intérieur», Gérard Coupat a promis qu’il irait jusqu’au bout. On veut bien le croire.

 

Pas de mobilisation sans confiance
Pas de confiance sans vérité
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L'entretien vidéo a été réalisé samedi matin, à la sortie d'un parloir à la prison de la Santé, après une visite des parents Coupat à leur fils. La veille, Julien Coupat avait appris son maintien en détention. Dès 22h30, Gérard Coupat était en direct sur les télés. Mais sur les télés, «ça ne dure qu'une minute trente, même quand on vous promet plus», souffle-t-il, dans un sourire. Alors, oui, bien sûr, «d'accord pour se voir». Après la vidéo, les époux Coupat ont traversé la place Denfert-Rochereau où un autre rendez-vous les attendait. Avec un ingénieur SNCF. Les Coupat sont ainsi: ils remuent ciel et terre.