La tentation autocratique de Recep Tayyip Erdogan a commencé bien avant ses réformes constitutionnelles, et nul ne saurait comparer sa prise en main brutale de la société turque avec l’exercice du pouvoir par les responsables de la démocratie française. Par exemple, la première dérive institutionnelle constatée à Istanbul fut l’élection du président de la République au suffrage universel, introduite au mois d’août 2014. Elle confiait déjà l’essentiel de la légitimité à un homme seul, ce qui peut nous surprendre. En effet, en France, le président est élu… est élu… est élu au suffrage universel… Mais comme diraient les célèbres chasseurs du sketch des Inconnus, « on ne peut pas les confondre ». D’ailleurs, en France, le président est élu dans la limite de deux mandats de cinq ans, alors qu’en Turquie, il sera élu… dans la limite de deux mandats de cinq ans…