Grippe A: «Les pouvoirs publics ont relayé les intérêts des laboratoires pharmaceutiques»

Par

Le fiasco de la gestion de la grippe A/H1N1 n'a donné lieu à quasiment aucune autocritique de la part des pouvoirs publics. Impliquée dans deux groupes de travail parlementaire sur ce virus, la sénatrice (Verts) Marie-Christine Blandin, elle, n'a pas tourné la page. Et a gardé la dent dure.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

En plein branle-bas de combat contre la grippe A/H1N1, le gouvernement, il y a un an, commandait à tout-va vaccins, antiviraux, respirateurs et masques, prêt à débloquer en urgence quelque 2 milliards d'euros sans débat au Parlement. Après avoir semé la panique d'Ouest en Est sur la planète, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dû constater, jeudi 10 juin 2010, que le virus, aujourd'hui «globalement peu actif», avait causé la mort d'environ 18.000 personnes, contre 250.000 à 500.000 lors des grippes saisonnières habituelles. Entre le début et la fin de l'épidémie, elle a modifié en catimini, sur son site Internet, la définition d'une pandémie, en supprimant le critère de létalité. Démentis dans leurs prévisions sur la dangerosité du virus, les pouvoirs publics, en France, n'ont pas effectué d'autocritique. Pas plus que l'instance internationale, dont la directrice, Margaret Chan, est toujours en poste.