A Metz, vies brisées et harcèlements en série au ministère de l’intérieur

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Le secrétariat général de l’administration du ministère de l’intérieur (SGAMI) de la région Est a déploré deux tentatives de suicide en juin et novembre dernier. Près de dix agents dénoncent le harcèlement moral de l’encadrement, tandis que le directeur de la logistique est accusé de harcèlement sexuel par plusieurs femmes ayant travaillé sous ses ordres. 

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Metz, de notre envoyé spécial.-  « Ils m’ont scalpé, dit Pierre*. Ils m’ont tout enlevé : la fierté, l’amour de mon travail… En novembre, j’ai pris deux bouteilles d’alcool et tout mon traitement, un mois et demi de médicaments, et je suis parti le long du canal de la Marne. » Pour en finir. Prévenus par sa femme, des policiers retrouvent Pierre inanimé à quelques mètres du cours d’eau, tombé dans le coma avant de plonger. Affecté à l’un des ateliers du ministère de l’intérieur de la région Est, le mécanicien avait alerté des représentants de la préfecture du harcèlement subi par ses collègues lors d’une réunion deux mois plus tôt. « Il est allé dans son casier, et leur a tendu un sac qui contenait une corde pour se pendre, raconte un collègue. “Voilà où il en est l’atelier”, il a dit. Il avait fabriqué un crochet pour attacher la corde au plafond, fait le nœud et tout. »