Nucléaire: le jour où l'EPR expirera

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Le décret d’autorisation de l’EPR expire en avril 2017. Si le réacteur ne peut être mis en service à cette date, le gouvernement pourra annuler son cadre réglementaire. Mais l’État s’est privé du pouvoir qui lui avait permis de fermer le surgénérateur Superphénix en 1997. 

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Une menace méconnue plane sur le chantier de l’EPR, déjà mis en cause par les anomalies de fabrication révélées par l’autorité de sûreté du nucléaire (ASN) : la péremption de son décret d’autorisation. Publié le 10 avril 2007, le décret n° 2007-534 prévoit en son article 3 que « le délai pour réaliser le premier chargement en combustible nucléaire du réacteur est fixé à dix ans à compter de la publication du présent décret ». Soit le 11 avril 2017. Le problème, c’est qu’il semble fort improbable qu’à cette date le réacteur Flamanville-3 puisse être mis en service. Car il faut d’ici là que l’ASN autorise le chargement des combustibles, décision qui nécessite de nombreux essais. Or l’EPR de Flamanville est une tête de série. Il faudra le tester plus et plus longtemps que les équipements déjà opérationnels. Par ailleurs, le chantier accuse un retard important. Par exemple, le montage des circuits primaires et secondaires est peu avancé en ce printemps 2015. Bien qu’EDF affiche toujours sa volonté de mettre en service la centrale en avril 2017, plus grand monde n’y croit vraiment. L’année 2018 semble une échéance plus crédible.